Plusieurs ONG environnementales (Bureau européen de l’environnement, Ifoam, Les Amis de la Terre, WWF, Bird Life…) regrettent, dans une lettre adressée le 24 octobre à Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne en charge du Green deal, le choix de la Commission de privilégier dans sa future stratégie sur les engrais, attendue le 9 novembre, le renforcement de « la dépendance de l’UE à l’égard des importations d’engrais azotés et phosphorés et du gaz fossile pour leur fabrication ». En suivant cette voie, « les agriculteurs continueraient à être exposés à la volatilité des marchés et aux chocs géopolitiques, et par conséquent les citoyens à la volatilité des prix des denrées alimentaires », alertent-elles. Au regard de ces défis, elles appelent Bruxelles à tenir ses engagements pris en mai 2020 dans le cadre de son plan d’action pour l’économie circulaire en présentant son plan d’action pour la gestion intégrée des nutriments (azote et phosphore), prévu initialement pour la fin d’année 2022. Bruxelles l’ayant supprimé de son programme de travail 2023.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le soutien à la production d’engrais de synthèse dans l’UE apporté par la Commission européenne « risque même à court terme de retarder la transition vers des systèmes alimentaires durables et de soutenir une industrie rentable et nuisible au climat », s’inquiète, Harriet Bradley, chef de programme, Pac et alimentation au sein de l’Institut pour la politique environnementale européenne, contactée par Agra Europe. Et de préciser que « cela va à l’encontre de la stratégie "de la ferme à la table" de l’UE, qui vise à réduire l’utilisation des engrais dans l’UE ». « Il serait, selon elle, plus approprié de concentrer les fonds publics pour aider les agriculteurs à réduire l’utilisation des engrais et à passer à des alternatives. C’est dans leur intérêt à long terme, car le modèle agricole conventionnel réduit la résilience des systèmes agricoles, menaçant la production et donc la sécurité alimentaire à long terme ».