Les enseignants du Snetap-FSU ont organisé une manifestation devant le campus Hectar, co-fondé par Xavier Niel et dénoncé comme une « coquille vide ».
Après avoir organisé un rassemblement devant l’école d’agriculture Hectar, à Lévis Saint-Nom dans les Yvelines, le Syndicat national de l’enseignement agricole public (Snetap-FSU) a tenu un « forum citoyen » sur le thème de « l’agriculture à taille humaine » et du renouvellement des générations d’agriculteurs, le 29 mars, en plein cœur de La Défense. Sous les drapeaux de leurs différents syndicats, les protestataires ont dénoncé en Hectar une « coquille vide » qui ne délivre ni diplôme ni formation qualifiante, tout en pouvant prétendre aux fonds de la formation professionnelle.
Le Snetap, chef de file d’un collectif d’une douzaine d’associations, dont la Confédération paysanne, a voulu montrer, sur l’esplanade de La Défense, qu’un autre modèle d’agriculture que celui qu’enseignerait l’école co-fondée par Xavier Niel est possible, sur le thème « l’enseignement agricole public reprend un Hectar à La Défense ». Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, a déclaré que pour satisfaire les attentes sociétales comme la sortie des pesticides et une agriculture desservant les bassins de consommation, il faut un million d’agriculteurs au lieu des 400 000 actuellement. Il a rappelé en ce haut lieu de sièges sociaux de grandes entreprises que la Confédération paysanne refuse un modèle qui remplace les paysans par des robots dans les campagnes, rendant les agriculteurs restants « archi-dépendants des banques et des marchands de rêve technologique ». « Nous sommes dans la logique du “produire plus par actif, pour gagner autant il faut produire plus de volumes”. Comment attirer des jeunes agriculteurs dans ces conditions ? »
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« Manque d’information » aux élèves
Malheureusement, « la voilure actuelle de l’enseignement agricole ne permet pas de renouveler les générations », a ajouté Clémentine Mattéi, co-secrétaire générale du Snetap. Pourtant, les demandes potentielles des parents et des élèves pour les formations d’enseignement agricole sont nombreuses, selon Nageate Belahcen, vice-présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves, une organisation qui revendique 180 000 adhérents. « L’Éducation nationale ne délivre pas assez d’information pour faire connaître le monde de l’agriculture et de la nature aux enfants et collégiens. Pourtant, ils sont de plus en plus intéressés par ce monde, car ils entendent dire que manger sainement c’est important, mais on ne va pas jusqu’au bout, on ne leur explique pas comment on produit. Or ils sont avides de comprendre. » Le ministère de l’Agriculture et celui de l’Éducation nationale ont signé une feuille de route en mai 2021 pour renforcer la découverte des métiers. Mais « la déclinaison de ce programme sur le terrain manque d’ancrage territorial », a regretté Clémentine Mattéi.