Le gouvernement Villepin a annoncé sa volonté de voir s’installer sur le territoire 500 pompes de bioéthanol E85 dès 2007. Un joli coup de pub orchestré par Thierry Breton, ministre des Finances, qui a volé la vedette à Dominique Bussereau retenu en Finlande. Aujourd’hui, la France ne compte… qu’une seule pompe E85. Elle se situe à Châlons-en-Champagne, dans la Marne. La profession agricole ne peut que se réjouir de cette initiative politique, mais l’équation n’est pas si simple.
En Europe, les grands spécialistes du bioéthanol sont suédois. Ils ont consommé 250 millions de litres en 2005, dont 25 % est produit sur le territoire suédois. Là-bas, tous les acteurs politiques, agricoles et ceux de la distribution de carburants sont unanimes. Rendre obligatoire l’incorporation directe du bioéthanol dans l’essence est la meilleure solution. Car cette mesure permet l’utilisation très rapide de gros volumes d’éthanol, sans attendre le renouvellement du parc automobile. C’est seulement dans une deuxième phase que l’on doit développer l’E85.
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Visiblement, la France a décidé de mettre la charrue avant les bœufs. Et si Total s’est empressé d’annoncer qu’il s’engageait à installer 200 pompes à éthanol, il n’est toujours pas motivé pour ouvrir les bras à l’incorporation directe dans la totalité des essences consommées en France. « Nous craignons que les pétroliers marginalisent l’éthanol en le cantonnant à l’E85 », avouait un responsable agricole après l’annonce du gouvernement. Bien vu ! En fait, incorportation directe de l’éthanol dans l’essence et développement de l’E85 doivent aller de pair pour que les volumes d’éthanol décollent réellement.