En attendant de connaître son futur cadre politique et budgétaire, celui de l’après 2020, l’agriculture européenne est de plus en plus... cadrée sur le plan sanitaire, phytosanitaire et environnemental. Pas une semaine sans petite ou lourde initiative bruxelloise, sans mesure en gestation, sans étude plus ou moins alarmiste dans ces domaines. Dans le désordre, ces derniers jours : les nitrates dans l’eau (rapport), les néonicotinoïdes (Tribunal européen), l’utilisation du cuivre comme fongicide (dans la viticulture biologique) ou encore le glyphosate (étude). Reste une question toutefois : est-il équitable pour les producteurs de l’UE de se doter d’un arsenal de plus en plus impressionnant si les pays tiers fournisseurs ne respectent pas les exigences imposées ? Certes, l’autorisation d’exporter vers l’Union vient d’être retirée à une vingtaine d’établissements brésiliens, essentiellement dans le secteur de la volaille, en raison d’un « risque pour la santé publique ». En l’occurrence, le problème était évident, ce qui, toutefois, n’a pas empêché le ministre brésilien de l’agriculture de qualifier ces mesures de précaution européennes de « barrière commerciale » et d’appeler à l’ouverture d’une procédure devant l’OMC. Une menace plus ou moins convaincante, mais qui touche un point sensible de la Commission de Bruxelles, la crainte d’être mise en défaut devant le « gendarme du commerce mondial ». Et, à ce propos, la révision en cours d’achèvement de la législation sur les médicaments vétérinaires interpelle les éleveurs de l’Union. Le projet prévoit certes l’interdiction des importations de viandes de pays tiers qui utilisent des antibiotiques comme facteurs de croissance, mais à une condition : que cette interdiction soit compatible avec les accords internationaux. Inquiétant bémol. 

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