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ESB : l’Anses favorable aux graisses de bovins dans l’alimentation animale

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D’après l’agence sanitaire, la majeure partie des graisses fondues de bovins peuvent être valorisées en alimentation animale avec un risque négligeable de contamination d’ESB.

Dans un avis publié le 1er décembre, l’Anses estime que la plupart des graisses fondues issues des bovins peuvent « être valorisées en alimentation animale » avec un risque négligeable de contamination d’ESB (encéphalopathie spongiforme bovine). Sont concernées les graisses « produites à partir des tissus adipeux » collectés avant la fente longitudinale des carcasses, ou après la fente à condition d’être suffisamment éloignées de la colonne vertébrale. Au contraire, les tissus collectés après la fente et proches de la colonne « présentent un risque significatif » : ils peuvent être « contaminés par des esquilles d’os de colonnes vertébrales et de moelle épinière », car il n’est plus obligatoire de retirer la moelle épinière (démédullation) avant de fendre la carcasse (arrêté du 24 décembre 2013). Ces tissus pourraient être utilisés en alimentation animale en fixant une limite d’âge pour les bovins concernés ou en pratiquant une démédullation avant la fente.

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Par ailleurs, l’agence sanitaire ne recommande pas la valorisation des graisses « issues de la cuisson de tissus C3 bovins » (parties les plus à risque : mésentère, intestin, colonne vertébrale). Idem pour les graisses issues de petits ruminants, en raison du risque de tremblante. Une grande partie des graisses de ruminants est aujourd’hui interdite en alimentation animale, en vertu d’un arrêté du 18 juillet 2006, qui fixe des « mesures d’interdiction de sous-produits en alimentation animale plus contraignantes que la réglementation européenne ». Un texte que « la DGAL envisage de simplifier, voire d’abroger », selon l’Anses.

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Gélatine et collagène pour les non-ruminants

Au niveau européen, l’UE a autorisé le 18 août 2021 l’utilisation de PAT (protéines animales transformées) de volailles, de porcs et d’insectes dans l’alimentation animale. Le règlement modifié permet aussi « l’utilisation de gélatine et collagène de ruminants dans l’alimentation des animaux non ruminants ». Une ouverture qui « pourrait conduire certains opérateurs à développer une nouvelle activité de production de collagène et de gélatine bovine » pour l’alimentation animale. Ces deux composés ne présentent pas de risque particulier vis-à-vis de l’ESB. L’Anses recommande toutefois de ne pas utiliser dans ce cadre de « colonnes vertébrales des bovins âgés de plus de 30 mois » : la France a retrouvé son statut négligeable pour le risque ESB en mai 2022, et il faut des animaux de moins de quatre ans pour « se prémunir des cas les plus jeunes des différentes formes d’ESB ».

La DGAL « envisage de simplifier voire d’abroger » l’arrêté interdisant les graisses