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États généraux du gaspillage : les conclusions

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Les conclusions des États généraux du gaspillage alimentaire, lancés en 2025 par Guillaume Garot ont été présentées le 11 février à l’Assemblée nationale. Le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre retient en particulier d’idée de quantifier les progrès.

A l’Assemblée nationale le 11 février, le député Guillaume Garot a plaidé en faveur d’un suivi quantitatif des progrès de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Telle est l’une des cinq priorités de l’« Agenda 2030 » qu’ont présenté le député de Mayenne et sa consœur du Finistère Graziella Melchior, fruit des Etats généraux du gaspillage alimentaire lancés en 2025 par l’ancien ministre de l’Agroalimentaire, et qui feront l’objet au printemps d’une proposition de loi. Les quatre autres priorités sont de favoriser les dons d’invendus, responsabiliser les entreprises et organisations, accompagner les consommateurs et mieux coordonner la lutte au niveau territorial. Guillaume Garot estime que dix ans après la loi « anti-gaspi » de 2016 qu’il a inspirée, les avancées ne sont pas mesurées. Or, la grande distribution et la restauration collective étaient censées réduire leurs pertes de 50 % en dix ans, et la loi Agec (anti-gaspillage et économie circulaire, publiée en 2020) fixe le même objectif d’ici à 2030 pour le reste de la consommation et la production. Pour ce faire, trois propositions sont faites : des baromètres à chaque maillon de la chaîne alimentaire, la publication (volontaire) de données et une plateforme numérique centralisant l’information.

Le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre, intervenu en fin de séance, a fortement soutenu l’impératif de mesurer les progrès accomplis et de promouvoir les bonnes pratiques à travers portail numérique. « C’est par la donnée que nous pourrons mobiliser, par la donnée que nous pourrons comparer, et par la donnée que nous pourrons progresser », a-t-il déclaré. Aussi, a-t-il souligné que les baromètres sectoriels (par maillons) devaient se mettre en place. Le ministre a présenté comme base de travail et « atout majeur » le label Anti-gaspillage lancée en 2024 par et pour la restauration, puis la distribution, et qui « va être étendu dans les douze mois à d’autres acteurs ». Quant au « portail unique de lutte contre le gaspillage alimentaire », cet outil « permettra de centraliser les informations, les réglementations, les outils, les données, rendre visible ce qui existe déjà pour nous donner collectivement les moyens d’agir », a-t-il plaidé. Le ministre a aussi retenu le principe de réunir annuellement une « instance collective dédiée » pour constater les acquis et engager les acteurs.

Les DLC et DDM en question

Les ménages feront l’objet d’attentions particulières, ressort-il aussi des Etats généraux et des réflexions du ministère de la Transition écologique, étant considéré qu’ils constituent le maillon le plus gaspilleur. Il s’agira en particulier de faire valoir l’amélioration du pouvoir d’achat par la lutte contre le gaspillage alimentaire. Sur le plan pratique, le gaspillage dû aux dates inscrites, DLC (limite de consommation) et DDM (durabilité minimale), est pris en considération. Faire comprendre la différence entre les deux est un objectif du ministère de l’Ecologie. Mathieu Lefèvre a annoncé une « communication » à ce sujet.

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De son côté Guillaume Garot a défendu la suppression des dates sur certains aliments, dont les pâtes et le riz. «Il y a des produits secs qui ont une durée de vie très longue, les pâtes, le riz, les céréales. Faisons en sorte qu’il n’y ait plus de DDM, de date de durabilité minimale, de date de péremption, sur ces produits-là», a proposé le député de la Mayenne. «Ça existe déjà pour le sucre. (…) C’est vrai aussi pour le vinaigre, c’est vrai aussi pour le gros sel. Faisons-le pour ces produits du quotidien», a-t-il exhorté à la présentation à l’Assemblée nationale en présence des plus de 200 parties prenantes » de la grande distribution, du monde agricole, de la restauration, etc.

SC

« C’est par la donnée que nous pourrons progresser »

«Il y a des produits secs qui ont une durée de vie très longue »