Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, veut jouer un rôle particulier dans le cadre des États généraux. D’abord parce que les enjeux du frais sont très différents de ceux de l’agro-industrie ; ensuite parce qu’Interfel peut faire office de modèle en matière de dialogue entre l’amont et l’aval.
« Fer de lance de la politique de l’alimentation », le secteur du frais, particulièrement celui des fruits et légumes frais, mérite « un rôle plus important dans les débats » organisés dans le cadre des États généraux de l’alimentation, estime Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais. « Nous demandons la création d’un atelier spécifique aux problématiques liées aux produits frais », dans le premier chantier des États généraux, celui de « la création et la répartition de la valeur », demande même Interfel. Car pour l’interprofession, les enjeux du frais sont « très différents des produits transformés de l’agro-industrie ». Mais la requête de l’interprofession ne semble pas avoir été entendue : dans le programme des États généraux bâti par le gouvernement, rien ne vient distinguer le frais du transformé.
Interfel va pourtant plus loin encore en demandant « la nomination d’un délégué interministériel ”produits frais” ». Il s’agirait d’un « référent unique » qui permettrait de remettre de la cohérence dans un modèle où les filières du frais estiment avoir trop d’interlocuteurs, et finalement aucun vraiment compétent, au niveau des divers ministères (agriculture, environnement, santé…).
« Nous ne pouvons pas faire sans la distribution »
Ce statut particulier, Interfel le revendique, car l’interprofession estime avoir fait ses preuves. « Nous représentons l’ensemble des métiers de la filière, de l’amont à l’aval. Nous avons réussi à créer du dialogue », rappelle Bruno Dupont, président de l’interprofession. À ce titre, Interfel pourrait servir de modèle lors des États généraux. « Tout le monde n’est pas toujours d’accord […] mais de toute façon, nous ne pouvons pas faire sans la distribution », note Bruno Dupont. Il estime d’ailleurs que l’amont et l’aval constituent un ensemble, celui de l’alimentation. « Aujourd’hui, le mot agriculture n’existe plus ». Pour Bruno Dupont le mot « alimentation » est plus juste car il traduit « la diversité des acteurs et des métiers ». Et surtout, ce qui intéresse le consommateur aujourd’hui, c’est l’alimentation dans tout ce qu’elle recouvre, pas « les guerres internes » estime le président d’Interfel.
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« Rassurer les consommateurs »
Fort de ce constat, Bruno Dupont préfère que tout le monde se mette autour de la table, dans un esprit ouvert, pour construire un discours commun à destination de la société civile. Pour lui, il faut profiter des États généraux pour parler aux consommateurs et défendre l’image de l’alimentation française. Particulièrement dans un contexte de défiance et d’image parfois négative de la production alimentaire. « Si on parvient à rassurer les consommateurs, on aura réussi. Moi j’y crois », déclare le président d’Interfel qui reconnaît cependant avoir une petite crainte quant aux États généraux. « On espère que tout n’est pas écrit d’avance. Ce serait une grande déception ».
C’est l’alimentation dans tout ce qu’elle recouvre qui intéresse le consommateur, pas « les guerres internes »