En lutte contre une forte inflation, l’administration américaine a annoncé une série de mesures visant à rendre le secteur de la viande – dominé par une poignée de grands groupes – plus concurrentiel. Parmi ces mesures : des aides au développement d’infrastructures indépendantes et une meilleure application des règles antitrust.
Aux États-Unis, l’administration Biden a dévoilé le 3 janvier un plan visant à mettre davantage de concurrence dans l’industrie américaine de la viande, dominée par quelques grandes entreprises qui en profitent, selon la Maison Blanche, pour faire monter les prix tout en comprimant le revenu des éleveurs. Selon le communiqué de la Maison blanche, le secteur du conditionnement et de la transformation de la viande de bœuf, est contrôlé à 85 % par quatre grandes entreprises : Cargill, Tyson, JBS et National Beef (filiale de Marfrig). L’administration fédérale veut donc débloquer un milliard de dollars d’argent public pour soutenir, de différentes manières, le développement d’infrastructures de transformation et de conditionnement de la viande « indépendantes », notamment en ce qui concerne l’abattage.
Autre mesure annoncée : le renforcement des règles qui protègent les fermiers, les éleveurs et les consommateurs, qui ont été assouplies pendant la présidence de Donald Trump. Par exemple, la Maison Blanche promet de revoir les règles d’attribution du label « Produit des États-Unis » qu’il est possible actuellement d’utiliser pour de la viande qui n’a été que transformée sur le territoire américain, mais qui provient de bêtes élevées à l’étranger. L’exécutif américain, confronté à une forte inflation qui mine la popularité du président Joe Biden, a fait du renforcement de la concurrence entre entreprises, dans plusieurs secteurs, l’un de ses grands axes de politique économique.
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Lutte contre les pratiques déloyales
Le secrétaire américain à l’Agriculture, Tom Vilsack, a précisé que les « producteurs de tout le pays sont confrontés depuis trop longtemps à un marché qui profite à quelques grandes entreprises au détriment de ceux qui produisent nos aliments ». Il s’est engagé, dans une déclaration commune avec le procureur général Merrick B. Garland, à « appliquer efficacement les lois fédérales sur la concurrence qui protègent les agriculteurs, les éleveurs et les autres producteurs agricoles contre les pratiques déloyales et anticoncurrentielles, notamment les lois antitrust et la loi sur l’emballage et les parcs à bestiaux ».
Les deux agences (agriculture et justice) développeront donc conjointement, dans un délai de trente jours, un processus centralisé permettant aux agriculteurs de soumettre, de manière confidentielle, des plaintes concernant des violations potentielles des lois antitrust. Un travail va également être mené pour identifier les domaines dans lesquels le Congrès pourrait contribuer à la modernisation de cet outil.