L’actuelle grande loi agricole des États-Unis (Farm bill) adoptée en 2018 doit expirer le 30 septembre. Pourtant, les débats à la Chambre des représentants et au Sénat tournent au ralenti, la faute aux discussions en cours sur le budget. Les États-Unis pourraient en effet, si aucun accord n’est trouvé d’ici là entre la Maison blanche et les Républicains, dépasser début juin le plafond de la dette publique autorisé par le Congrès et se retrouver en faillite. Joe Biden tente pourtant de convaincre le Congrès de passer à la vitesse supérieure sur le Farm bill (et ainsi éviter un report des négociations d’une, voire deux années) espérant que celui-ci puisse être finalisé en temps et en heure pour l’inscrire à son bilan en vue des élections présidentielles de 2024.
Le Bureau du budget du Congrès a publié le 12 mai une nouvelle estimation du coût du Farm bill pour les dix prochaines années. Son budget pourrait atteindre le chiffre record de 1,51 billion de dollars, soit 31,5 milliards de dollars de plus que la précédente estimation du mois de février à cause de l’inflation mais aussi de la hausse des dépenses du programme d’assistance nutritionnelle (SNAP) à 1,223 billion de dollars, (+18 milliards de dollars par rapport aux projections de février). Comme souvent aux États-Unis, c’est ce programme d’aide alimentaire SNAP qui cristallise les débats. Le camp républicain souhaitant couper une partie des dépenses.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Mais selon les estimations budgétaires, les autres programmes de soutien aux produits de base devraient aussi être plus élevés en raison de la baisse prévue des prix du coton, des marges des exploitations laitières et de la hausse des prix de certaines cultures (augmentant mécaniquement le niveau de soutien des revenus pour la couverture des risques agricoles). Quelques exemples : le coût sur 10 ans du programme de couverture de la marge laitière est maintenant estimé à 3,25 milliards de dollars (2,3 milliards en février), les producteurs de coton pourraient désormais recevoir 5,4 milliards de dollars (3,6 milliards prévus en février) les producteurs de maïs 24,7 milliards de dollars (+600 millions de dollars par rapport aux prévisions de février).