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États-Unis/Royaume-Uni : Trump annonce un accord « historique » sur l’agriculture

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Fumée blanche entre les États-Unis et le Royaume-Uni qui ont conclu le premier accord de principe depuis l’annonce des droits de douane « réciproques ». Au niveau agricole, la viande bovine et l’éthanol sont concernés alors que les normes SPS devraient être maintenues. Un résultat qui ne satisfait pas totalement les agriculteurs britanniques.

Le président américain Donald Trump a annoncé, le 8 mai, la conclusion d’un accord commercial « historique » entre les États-Unis et le Royaume-Uni, le premier depuis la mise en place (puis la suspension) des droits de douane « réciproques » lors du « Liberation Day » du 2 avril. Cet « accord de prospérité économique » concerne plusieurs secteurs comme l’automobile ou l’acier et l’aluminium et contient un volet plus spécifique sur l’agriculture. Le locataire de la Maison promet d’ailleurs « 5 milliards de dollars de nouvelles opportunités d’exportation pour nos grands éleveurs, agriculteurs et producteurs ». Si « les détails finaux doivent être écrits dans les prochaines semaines », indique toutefois Donald Trump au cours de sa conférence de presse, sa secrétaire d’État américaine à l’Agriculture, Brooke Rollins, était à Londres du 12 au 14 mai pour mener une offensive diplomatique.

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Dans le détail, selon les termes de l’accord de principe, les Britanniques s’engagent à supprimer le droit de douane de 20 % auquel sont soumises les exportations américaines de bœuf dans le cadre du contingent actuel. À cela, s’ajoute la création d’un contingent préférentiel en franchise de droits de 13 000 tonnes pour le bœuf américain. En échange, Washington s’engage à mettre en place un contingent tarifaire réciproque de 13 000 t pour la viande bovine britannique. En outre, le texte de l’accord indique que le Royaume-Uni va ouvrir un contingent tarifaire préférentiel en franchise de droits de 1,4 milliard de litres pour l’éthanol américain.

Entre soulagement et inquiétudes

Au niveau sanitaire, les normes SPS du pays importateur ou à « d’autres normes convenues d’un commun accord » doivent être respectées, ce qui semble fermer la porte au bœuf aux hormones et au poulet chloré au Royaume-Uni, un des principaux sujets d’inquiétude. Le principal syndicat agricole britannique, la NFU (National Farmers Union) s’est félicité de l’obtention de cet accord. « Nous apprécions les efforts du gouvernement pour écouter nos préoccupations, notamment en ce qui concerne le maintien de normes élevées, la protection des secteurs agricoles sensibles et la garantie d’un accès réciproque pour le bœuf », a ainsi déclaré le président de la NFU, Tom Bradshaw. Mais en parallèle, le syndicat déplore « l’inclusion d’un volume important de bioéthanol », source de préoccupations. « Nous étudions actuellement ce que cela signifie pour la viabilité de la production nationale de bioéthanol et donc l’impact potentiel sur nos membres », a ainsi ajouté Tom Bradshaw. Enfin, la NFU ajoute que les droits de douane restants demeurent inchangés et qu’un droit de douane supplémentaire de 10 % continue de s’appliquer aux exportations britanniques vers les États-Unis. Une victoire à la Pyrrhus.