Suite au projet de règlement irlandais relatif à l’étiquetage des boissons alcoolisées contre les risques liés à leur consommation, le CEEV (Comité européen des entreprises vins) a déposé le 15 mai une plainte pour demander à la Commission européenne d’ouvrir une procédure d’infraction pour violation de la législation européenne. Malgré les avis contraires des principaux producteurs de vin de l’UE (Italie, France ou encore l’Espagne), Bruxelles avait le 26 janvier donné son feu vert au dispositif irlandais qui prévoit notamment des avertissements destinés aux femmes enceintes ou encore sur la corrélation entre la consommation d’alcool et les cancers mortels.
« Les règles irlandaises sont incompatibles avec la nouvelle législation d’étiquetage du vin et des produits vinicoles aromatisés en matière d’indication de la teneur en alcool et de la valeur énergétique », estime Mauricio González-Gordon, président du CEEV. Tout en ajoutant qu’« elles fragmentent le marché unique de l’UE en affectant son bon fonctionnement, entravant de facto l’accès des produits d’autres États membres à l’Irlande et générant ainsi une discrimination manifeste envers les produits importés ». D’autre part, le CEEV explique que ce nouveau dispositif d’étiquetage ne fait pas la distinction entre l’abus d’alcool et les habitudes de consommation modérée de vin, et n’informe donc pas avec précision les consommateurs.
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Enfin, le CEEV dénonce également le fait que le règlement irlandais risque de compromettre une action harmonisée à l’échelle de l’UE en adoptant des règles unilatérales, telles que les avertissements sanitaires. L’exécutif européen a, en effet, l’intention de mettre sur la table en 2023 un projet de révision des règles d’étiquetage des boissons alcoolisées dans l’UE.