Soumis à consultation, le projet de règlement de la Commission européenne qui précise les modalités de l’étiquetage de l’origine de l’ingrédient principal d’un produit alimentaire lorsqu’elle est différente de celle indiquée pour ce produit est jugé « trop flexible et vague » par les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). Selon elles, le niveau de détail géographique de la denrée alimentaire et celui de l’ingrédient primaire à indiquer sur l’emballage selon ce texte ne sont pas cohérents et ne sont pas soumis à une obligation juridique (1).
Dans un souci de transparence, il est primordial que l’indication du lieu de production agricole soit clairement différenciée de la définition du « pays d’origine » qui fait référence à l’endroit où le produit a subi sa dernière transformation substantielle, soulignent les organisations professionnelles.
Elles demandent donc à la Commission de modifier son projet afin de rendre cet étiquetage plus clair : définition spécifique de l’origine affichée (déclarations, dénominations, images ou symboles), lien plus étroit entre l’origine de la denrée et celle de l’ingrédient principal, mise en avant du lieu de production agricole, etc.
Pour illustrer sa position, le Copa-Cogeca donne quelques exemples d’étiquettes qui, aujourd’hui, induisent en erreur, telles les « Saucisses cocktail du Lincolnshire » (origine régionale), dénomination indiquée sur le dessus de l’emballage, alors que, au dos, il est spécifié « Produit au Royaume-Uni, à base de viande porcine de l’UE », ou bien un yaourt grec sans information au dos sur le lieu de production agricole de l’ingrédient primaire, ou encore une série de produits agroalimentaires indiquant un lien avec l’Italie sans connexion avec un lieu de production agricole dans ce pays.
(1) Voir n° 3627 du 15/01/18
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(2) Voir n° 3624-3625 du 25/12/17
Italie : indication obligatoire de l’origine pour les pâtes et le riz
Le ministère italien de l’agriculture a annoncé le 13 février l’entrée en vigueur des décrets instaurant l’obligation d’indiquer sur l’étiquette l’origine de la matière première pour les pâtes et le riz, précisant que, « dans la foulée de ce qui a été fait pour le lait et les dérivés, cette expérimentation est prévue pour deux ans » (2).
L’association de l’industrie agroalimentaire de l’UE (FoodDrinkEurope) a introduit à la fin de l’année dernière une plainte officielle contre ces décrets italiens auprès de la Commission de Bruxelles. Inquiète des « tendances actuelles à la renationalisation de certaines règles et politiques », elle estime que les mesures nationales sur l’étiquetage obligatoire de l’origine instaurées récemment par huit États membres ont déjà eu « un impact négatif sur les échanges au sein du marché unique ».