Bruxelles invite le secteur des boissons alcoolisées à proposer lui-même une réglementation de l’étiquetage nutritionnel de ses produits. Les producteurs de vin de l’UE critiquent sévèrement cette démarche.
Dans un rapport publié le 13 mars, la Commission de Bruxelles invite le secteur européen des boissons alcoolisées à « élaborer dans un délai d’un an une proposition d’autoréglemention pour généraliser la mention des informations des ingrédients et des informations nutritionnelles » sur tous leurs produits. Un tel étiquetage obligatoire est en place depuis décembre 2014 pour l’ensemble des denrées alimentaires, sauf les boissons titrant plus de 1,2 % d’alcool. S’il ne juge pas cette proposition satisfaisante, l’exécutif de l’UE examinera « les autres options envisageables ».
Il remarque que certains producteurs de boissons alcoolisées indiquent déjà ces informations volontairement. En outre, plusieurs États membres ont conservé, adopté ou proposé des mesures nationales instaurant des obligations d’étiquetage supplémentaires pour tous ces produits ou certains d’entre eux. Des mesures qui doivent être notifiées à la Commission et évaluées par elle avant de pouvoir être appliquées.
« Prévention et éducation sont les bons vecteurs »
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L’appel de la Commission a été bien reçu par les Brasseurs d’Europe qui estiment qu’un tel étiquetage « devrait s’appliquer à toutes les boissons alcoolisées ». Si le commerce européen des entreprises vins (CEEV) juge quant à lui nécessaire « une solution ad hoc » pour son secteur, le président de la Confédération européenne des vignerons indépendants (CEVI), Thomas Montagne, se dit « sidéré » que Bruxelles « ait pu écrire dans ce rapport que le secteur s’engage à fournir aux consommateurs […] des informations nutritionnelles, reprenant ainsi la seule position défendue par le CEEV ». « Une étiquette surchargée d’informations ne résoudra ni le problème de l’alcoolisme ni celui de l’obésité », estime-t-il, soulignant que « prévention et éducation sont les bons vecteurs », notamment par le biais de l’initiative Wine In Moderation.
« Le vin fait déjà l’objet d’un étiquetage très complet. Les informations qui doivent obligatoirement apparaître sur les bouteilles prévoient déjà les informations répondant aux attentes des consommateurs : origine du vin et région de production, quantité d’alcool, millésime, allergènes, sucre », fait valoir pour sa part la Fédération européenne des vins d’origine (EFOW). Selon elle, il faut « poursuivre des discussions avec toutes les parties prenantes pour mieux expliquer la réalité du secteur viticole qui milite pour le maintien du statu quo ».