Une étude de l’école de commerce Kedge Business School (basée notamment à Bordeaux) et de l’Université de Californie à Los Angeles (Ucla) publiée dans le Journal of Wine Economics, révèle que le vin labellisé « bio » aurait meilleur goût que les vins conventionnels.
L’étude repose sur les critiques et notes de plus de 74 000 vins californiens données dans les revues Wine Advocate, Wine Enthusiast et Wine Spectator, a indiqué Kedge Business School le 5 septembre. Sur une échelle de 100 points, les vins biologiques obtiennent en moyenne 4,1 points de plus que les autres. Cette nouvelle étude menée par Olivier Gergaud et ses co-auteurs, Magali Delmas et Jinghui Lim, respectivement professeur de management et chercheuse à l’Institut de l’Ucla, prouve que « lors de dégustations à l’aveugle, les experts attribuent de meilleures notes aux vins sous éco-label qu’aux vins conventionnels », précise l’école de commerce de Bordeaux.
« Les viticulteurs disent que le bio améliore leur vin », a précisé Magali Delmas. « Cela donne un goût pur, davantage respectueux du terroir, car en remplaçant les pesticides par de la main-d’œuvre, en soignant manuellement les vignes et en améliorant la composition de la terre, vous retrouvez la biodiversité nécessaire en agriculture, c’est-à-dire les microbes, les insectes, les abeilles et les vers ». Autant de facteurs qui accentuent la typicité du vin.
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D’après les trois auteurs cités, une étude portant sur les vins français « présenterait des conclusions préliminaires similaires ». De même, ils pensent que leurs conclusions peuvent s’appliquer à l’échelle des États-Unis dans leur ensemble, puisque la Californie représente 90 % de la production viticole américaine.
Olivier Gergaud et ses collègues espèrent que cette étude incitera les vignerons à arborer plus fièrement leur label bio et encouragera un plus grand nombre de vignerons à convertir leur exploitation à l’agriculture biologique. Les vins bio représentent jusque-là seulement 1 % des vins étudiés en Californie. Dans les deux-tiers des cas, les vignobles californiens détenteurs d’un écolabel ne le font pas figurer sur les bouteilles car les consommateurs estiment généralement ces produits inférieurs aux autres en qualité, selon Kedge BS. L’image du vin bio sans conservateurs, autrefois connu pour s’altérer rapidement, reste vivace, et semble expliquer la réticence des consommateurs californiens à le payer plus cher.
Une étude portant sur les vins français « présenterait des conclusions similaires »