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Canard gras Euralis : les acquisitions toujours dans le viseur

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Frappé par l’épizootie de grippe aviaire, une mauvaise récolte céréalière et le gel dans les vignes, Euralis limite la casse avec une baisse de 2 % de son chiffre d’affaires lors de son exercice 2016/2017, clos au 31 août. La coopérative maintient sa rentabilité et investit dans la recherche et développement, la biosécurité et la croissance externe. À l’avenir, elle comptera de plus en plus sur l’international et sur la montée en gamme de ses produits.

« Nous avons subi en 2017 un épisode de grippe aviaire plus long et plus impactant que l’année précédente, ce qui s’est traduit par une très forte baisse de la production de canards gras, et donc de foies gras », explique Pierre Couderc, directeur général d’Euralis, à l’occasion de la publication, le 11 décembre, des résultats annuels 2016/2017 clos au 31 août.

Le chiffre d’affaires est en recul de 2 % à 1,42 milliard d’euros et l’Ebitda approche les 48 millions d’euros, au-dessous des objectifs, qui ne prévoyaient pas le retour de l’épizootie aviaire, ni la mauvaise récolte de céréales à l’automne 2016, ni même l’épisode de gel dans les vignes au printemps dernier qui a eu un impact sur l’activité d’agrofournitures.

Pour préserver la rentabilité de la coopérative, les dirigeants ont poursuivi les mesures prises les années précédentes. « Nous avons tenu notre objectif de baisser de 3 % les coûts de structures, soit environ 10 millions en euros constants » explique le directeur général.

Au sein du pôle alimentaire, qui représente 40 % de l’activité (autant que l’agriculture), le chiffre d’affaires baisse à 475 millions d’euros (contre 492 millions un an avant). « Nous avons abattu 45 % de canards en moins sur notre site du Sud-Ouest à Maubourguet, 30 % de moins dans l’Ouest, et la production bulgare a été divisée par deux », détaille Pierre Couderc. Rougié, la marque de foie gras pour les professionnels et désormais pour le grand public, voit ainsi ses ventes baisser de 140 à 134 millions d’euros.

Bonne tenue de l’activité en Chine et en Amérique du nord

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Mais le pôle s’est enrichi d’une nouvelle entité avec le charcutier Teyssier (Agra Alimentation du 18 mai 2017). Et le grand export est une source de satisfaction. « Les ventes en Amérique du nord sont en hausse de 13 % à 10 millions d’euros, et celles en Chine de 80 % à 4 millions d’euros », selon Pierre Couderc. Dans ce pays, Euralis a noué un partenariat pour la distribution avec le chinois Sinodis. La coopérative, via sa filiale Rougié Chine, investit dans l’élevage, le gavage et la transformation sur deux sites distants de 30 km. 300 000 canards ont été produits lors de l’exercice précédent, 500 000 sont prévus pour 2017/2018 et à terme les élevages chinois devraient atteindre un million de têtes.

Pour l’exercice en cours, Euralis prévoit un chiffre d’affaires en hausse de 3 % pour le pôle alimentaire, et une progression marginale de la rentabilité. À l’occasion de la saison festive, la coopérative prévoit d’écouler 100 % de sa production pour laquelle elle a obtenu des revalorisations d’environ 10 % auprès de la grande distribution. Elle s’estime suffisamment armée pour affronter un nouvel épisode d’épizootie de grippe aviaire grâce aux mesures de biosécurité prises par l’État et par la profession. « 4,5 millions d’euros ont été reversés aux éleveurs sous forme d’une meilleure rémunération de la matière première », souligne Pierre Couderc. Et une trentaine d’éleveurs et de gaveurs ont déjà investis 5 millions d’euros pour mettre aux normes les équipements.

Le principal enjeu va se jouer sur les produits. La montée en gamme illustrée par des recettes innovantes chez Montfort, va se poursuivre. « L’acquisition de Teyssier, spécialiste des salaisons sèches, illustre ce que nous voulons faire pour le pôle alimentaire : nous renforcer dans les produits haut de gamme et nous apporter une offre complémentaire en termes de produits et de réseau de distribution », détaille Pierre Couderc.

Les acquisitions sont toujours dans le viseur de la coopérative. « Euralis ne va pas doubler du jour au lendemain la taille de son pôle alimentaire, mais des acquisitions ciblées, pour des montants entre 10 et 100 millions d’euros sont toujours à l’ordre du jour, du moment qu’elles correspondent à nos critères », selon le directeur général. S’il n’y a pas de dossiers d’acquisition prêts à être signés, Euralis est ouvert à de la croissance externe, y compris sur des secteurs en plein développement comme l’alimentation à base de protéines végétales (dont il est absent), et même à l’international dans des pays possédant une tradition gastronomique bien affirmée.