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Alimentation animale/Alliance Evialis crée avec Unicopa un pôle leader dans l’Ouest

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L’actionnaire du groupe Evialis, PAI, remplace, au sortir d’un exercice encore difficile, le p.-d.g. Alain Meulnart par l’ancien DG de Vilmorin Pierre Lefebvre, chargé de tourner au maximum le groupe vers l’international. Dans le même temps, Evialis noue une alliance stratégique pour l’Ouest de la France avec la branche alimentation animale du groupe coopératif Unicopa.

Un an après avoir pris les rênes du groupe d’alimentation animale Evialis, Alain Meulnart s’est trouvé en désaccord avec l’actionnaire de contrôle, Paribas Affaires Industrielles. En cause la stratégie à mener pour redévelopper un groupe Evialis particulièrement exposé aux difficultés des filières porc et volaille en France. Alain Meulnart a remis sa démission le 22 mars au conseil d’administration qui entérinait les comptes annuels pour 2004 et qui a aussitôt nommé comme p.-d.g. Pierre Lefebvre, directeur général jusqu’en mai dernier de Vilmorin Clause & Cie.

Une capacité commune de 1,7 million de tonnes

Au même moment, le groupe faisait état d’un rapprochement avec Unicopa pour constituer un groupe leader sur la zone du Grand Ouest. Cet accord, préparé par Alain Meulnart, aurait dû être le prototype d’autres alliances que l’ancien p.-d.g. prônait sur l’ensemble du territoire. Mais l’actionnaire n’a pas voulu le suivre sur ce schéma global, a expliqué à la presse Luc Péligry, directeur financier d’Evialis. PAI veut prendre le temps de voir le résultat de cette expérience qui se justifie seulement dans le cas particulier d’une région dominée par les filières de productions industrielles, les plus exposées à la concurrence des pays émergents comme le Brésil et la Thaïlande. Il prône pour le reste un développement endogène et surtout une accélération du développement international, d’où son choix du patron de Vilmorin qui a porté à plus de 60% la part réalisée à l’étranger dans le chiffre d’affaires de ce groupe. S’agissant d’Evialis, qui n’en fait que 20%, l’objectif serait d’arriver à une proportion de 50% dans cinq ans. Parmi les priorités, les pays à fort développement tels que l’Afrique du sud, le Brésil, le Vietnam ou l’Indonésie.

Le partenariat noué dans l’Ouest et que Pierre Lefebvre va être chargé de mener à bien n’est encore qu’à l’état d’esquisse mais devrait être en place au début du second semestre. Il s’agit de créer une société commune entre la branche nutrition animale du groupe coopératif Unicopa et la société Guyomarc’h, société dans laquelle Unicopa détiendrait les deux tiers des parts, et Evialis un tiers, ceci pour refléter l’équilibre des forces des deux groupes dans le Grand Ouest et non, précise Luc Péligry, pour « nous cantonner à une position de minoritaire passif ». Le premier apportera 5 usines et une capacité de production de 1,2 million de tonnes d’aliments composés face à un apport de 3 usines Guyomarc’h totalisant 500 000 tonnes. Dans une région fortement concurrentielle, ce nouvel ensemble va dépasser le groupe Glon et devenir le numéro 1 du Grand Ouest où sont produites 9 des 22 MT d’aliments produites en France. S’il n’est pas exclu que la nouvelle structure s’élargisse à d’autres intervenants, elle est censée en l’état permettre, alors même que le marché se contracte, de «gagner en compétitivité et bénéficier d’effets volumes en termes d’achats», voire aboutir à une spécialisation des outils industriels, mais sans restructurations ni investissements coûteux. Pour l’heure, les deux groupes entendent laisser subsister leurs marques respectives, et la spécificité de leurs forces de vente, en revanche l’union pourrait aller jusqu’au regroupement des laboratoires et de la recherche-développement.

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Retournement au 2e semestre

L’exercice 2004 a été contrasté pour le groupe Evialis, avec au total un chiffre d’affaires de 673,0 millions d’euros, en légère baisse (-0,2%) par rapport à 2003 (674,6 M EUR). A périmètre et change constants, il progresse cependant de 0,6% pour atteindre 678,5 M EUR.

Le contexte économique a été particulièrement difficile, notamment du fait de la hausse du prix des matières premières en début d’année. Néanmoins la maîtrise des coûts engagée en 2003 avec la fermeture alors de trois unités et une rationalisation logistique, a déjà généré 4 M EUR d’économie globale.

Le résultat d’exploitation a reculé de 16% à 9,6 M EUR. Le résultat net part du groupe s’en est ressenti, passant de 3,7 M EUR en 2003 à 3 M EUR en 2004 (-19%). En France, la situation a été à l’opposé entre le premier et le second semestre. «La hausse exceptionnelle au premier semestre du prix des matières premières n’a pu être répercutée que partiellement, compte tenu de la forte pression concurrentielle, notamment dans les filières industrielles du porc et de la volaille dans l’Ouest. Le second semestre a permis au contraire de sortir le groupe du rouge en desserrant l’étau des prix et améliorer la structure des marges», même si cette tendance a été contrecarrée par une faible consommation des bovins au pâturage en raison du temps. A l’international, le chiffre d’affaires s’est établi à 136,4 M EUR, en hausse de 5% par rapport à l’exercice précédent. A taux de change et périmètre constants, il progresse de 9,6%, avec de meilleures performances en Pologne et au Brésil, une bonne croissance en Afrique du sud et surtout en Asie (+ 20%) grâce à la montée en puissance de l’activité aquaculture au Vietnam.