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Alimentation animale / Réorganisation  Evialis poursuit son mouvement de rationalisation

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Dans la droite ligne de la restructuration de ses opérations en France, entamée en 2001, Evialis a fermé son site de Tours, où travaillaient encore quelque 30 salariés, ainsi que 4 autres sites comptables, hérités de la précédente organisation de l’entreprise en une fédération de PME indépendantes. Bien que ce mouvement ne soit pas la conséquence de la grippe aviaire, celle-ci a fortement affecté l’entreprise qui, devant la morosité du marché français, a décidé d’accélérer son développement international.

Le spécialiste de la nutrition-santé animale se retire d’Indre-et-Loire. Evialis vient de fermer son site de Tours, acquis en 1990 lors du rachat de la Compagnie française de nutrition animale (Cofna) par l’entreprise Guyomarc’h, devenue Evialis en 2001, site qui comptait encore une trentaine de salariés. Parallèlement, quatre autres sites (Noyelles – Nord –, Vertou –Loire-Atlantique– et 2 sites du Morbihan), qui comptaient encore, comme Tours, l’activité comptable d’une PME intégrée dans l’entité Evialis à partir de 2001, ont vu leurs portes se fermer. Ce mouvement de restructuration vise à « rassembler au siège social de Vannes toutes les opérations administratives du groupe », a expliqué Luc Peligry, directeur administratif et financier. A partir de 2001, le groupe était passé de 15 à 5 centres comptables en 2002. Le regroupement est donc maintenant achevé, et l’activité comptable à Vannes compte désormais 34 personnes, dont la moitié environ issue du groupe.

Fort impact de la grippe aviaire

Désormais centralisé, le groupe devrait pouvoir mettre en œuvre plus facilement une stratégie qui semble influencée par une conjoncture difficile. A l’image de ses concurrents, Evialis n’a pas été épargné par l’épisode de l’influenza. En 2005, la fabrication d’aliments pour animaux en France a régressé de 2,4 %, tandis que les effectifs de l’alimentation animale baissaient dans le même temps de 2 %, selon l’enquête annuelle d’entreprises du ministère de l’Agriculture. Même si, comparativement au marché, Evialis estime avoir bien résisté grâce à la diversité de son mix produits (les aliments pour volailles représentent 20 % de son chiffre d’affaires), l’impact de la grippe aviaire sur les chiffres de l’entreprise est évident. Sur l’année 2005, Evialis a vu son chiffre d’affaires accuser une baisse de 3,7 % à 647,3 millions d’euros, tandis que son résultat net progressait de 22,6% à 7,9 millions. Sur le premier semestre 2006, le chiffre d’affaires reprend 2,8%, mais à périmètre et taux de change constants, il reste stable sur le premier trimestre et fléchit de 3,6% sur le second. Les effets de la grippe aviaire « auront fortement affecté notre secteur au plan mondial avec un effet à retardement plus prononcé sur le deuxième trimestre », a expliqué le groupe dans un communiqué. Quant à Nutréa, société commune issue du partenariat avec Unicopa, si son démarrage est satisfaisant en terme de complémentarité, la nouvelle entité a été fortement pénalisée par la grippe aviaire. Les aliments pour volailles représentent 40 à 50% de son chiffre d’affaires, et l’entreprise est très présente à la fois sur l’ouest et à l’export, marchés très touchés.

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Internationalisation renforcée

Face à un déclin du marché français qui semble devoir perdurer, le groupe cherche de nouvelles sources de croissance. En France, au premier semestre 2006, la baisse globale d’activité des fabrications d’aliments pour l’aviculture a atteint 7 %, selon le Syncopac, fédération nationale des coopératives de production de d’alimentation animales. Cette mauvaise conjoncture conforte Evialis dans son choix stratégique : un rééquilibrage du profil du groupe, en accélérant le développement à l’international. Alors que 22 % des ventes ont lieu aujourd’hui à l’étranger (Brésil, Asie, Espagne, Pologne), Pierre Lefebvre, son p.-d.g, espère réaliser la moitié de son activité à l’international en 2010, soit 500 millions d’euros, contre 150 millions aujourd’hui. Pour ce faire, Evialis compte sur la croissance organique, mais la croissance externe devrait aussi participer à la hausse. D’ici la fin de l’année, « des projets, aujourd’hui à l’étude en Amérique latine ou en Asie, devraient être confirmés », affirme Luc Peligry. Une stratégie qui pourrait permettre au groupe d’augmenter sa part de marché volume, aujourd’hui à 1 % des 600 millions de tonnes d’aliments complets vendus dans le monde. Une incertitude demeure encore cependant : dans quelle mesure l’envolée du prix des matières premières – 75 % du prix de revient des produits finis d’Evialis – (hausse de près de 30 % en deux mois pour les céréales à compter du 1er juillet 2006) va-t-elle affecter l’entreprise ?