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Biocarburants de deuxième génération Éviter de tomber dans l’illusion

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Lors d’un débat organisé sur le thème « les biocarburants, la valorisation des filières ? » par l’Association française des journalistes agricoles le 8 mars au Sima, Philippe Duval, président du directoire de Tereos, a mis en garde contre les « fausses pistes » qui consistent à « vouloir à tout prix » compter sur les biocarburants de deuxième génération dès maintenant.

« Les pétroliers cherchent à brouiller les cartes » en montrant la voie prometteuse, mais lointaine, des biocarburants de deuxième génération. « Il vaut mieux développer la chimie végétale », par exemple dans le cadre des pôles de compétitivité, a précisé Philippe Duval.

Le président de Tereos a estimé qu’on ne peut pas opposer les filières alimentaires et les filières non alimentaires. Ces filières sont indissociables sur le plan industriel : autrefois en France les sucreries consacraient 85 % de leur activité au sucre et 15 % à l’alcool ; aujourd’hui la proportion est passée à 65-35 %. Demain elle pourrait être de 50-50.

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Les outils actuels serviront pour la deuxième génération

On ne peut abandonner la proie pour l’ombre, a dit en substance Philippe Duval. Pour l’instant, la technologie ne sait pas couper les molécules de cellulose à hydrolyser pour les transformer en alcool, alors que l’hydrolyse de l’amidon est parfaitement maîtrisée. Ce rappel du patron de Tereos plaide en faveur de la prudence quant à l’attitude à observer devant les biocarburants de deuxième génération. Autre argument qui milite en faveur de la prudence, c’est le fait que l’on aura toujours besoin des technologies de fermentations. Les biocarburants de deuxième génération « ne remettront pas en cause nos sites industriels ». Seule la partie amont changera, puisque la matière première sera du bois ou de la paille, mais en aval, il faudra traiter la matière fermentescible et la transformer en alcool.

« Ne semons pas l’illusion », a déclaré quant à lui Charles de Courson, député UDF de la Marne, estimant que la rentabilité d’une filière d’éthanol produit à partir de cellulose n’a pas été expertisée, notamment du fait des coûts de ramassage du bois.