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Onivins Examen des solutions à la crise

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Lors du dernier conseil de direction de l’Onivins qui s’est tenu le 19 janvier, l’ordre du jour a tourné autour de la préparation d’un rendez-vous fixé au 31 janvier avec le ministre de l’Agriculture pour trouver des solutions à la crise. Les propositions des professionnels vont de l’arrachage à la distillation en passant par l’obligation d’utiliser des moûts régionaux.

Le rendez-vous du 31 janvier a été pris après la rencontre du 14 décembre avec Dominique Bussereau, qui a suivi les manifestations importantes des viticulteurs. Depuis, les professionnels ont réalisé une première estimation du « surstock » français qui s’élèverait à plus de 2 millions d’hl. Un chiffre qui mérite d’être affiné et qui pourrait encore grossir. Sur ces deux millions, les 3/4 seraient des vins AOC et la moitié des AOC du Bordelais dont la production en 2004 approcherait 6,5 millions d’hl. Les autres régions concernées sont notamment la Bourgogne, les Côtes du Rhône et le pays nantais.

La région bordelaise étudie les solutions à mettre en œuvre pour faire face à la situation et éviter des perturbations du marché. L’une de ces solutions consisterait à rendre obligatoire, par décret, l’enrichissement des vins AOC avec des moûts issus de la région. Environ un million d’hl pourraient être utilisés à cette fin chaque année, le temps de parvenir à une solution durable. Ce dispositif entraînerait cependant un surcoût, les moûts français coûtant plus cher que les autres moûts européens. La distillation a fait partie des mesures évoquées, pour les AOC cette fois. Mais l’aide de Bruxelles étant jugée peu incitative, les professionnels espèrent un complément national qui semble peu probable selon l’Onivins.

Une réserve obligatoire d’un million d’hl en Bordelais

Un autre dispositif a déjà été adopté : il consiste à rendre obligatoire la mise en réserve d’une partie de la récolte. Ainsi, 8 hl/ha doivent être mis en réserve, soit l’équivalent d’un million d’hl sur l’ensemble des appellations du Bordelais. Des aides nationales sont attendues pour appuyer cette démarche.

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Les mesures d’arrachages se précisent. Elles devraient être ciblées sur les vins qui se vendent le moins bien. Elles pourraient concerner environ 10 000 ha (sur cinq ans) sur les 127 000 du Bordelais. Pour ce dispositif, l’aide de Bruxelles de 6300 euros/ha sera complétée par la région à hauteur de 4500 euros/ha (uniquement pour les viticulteurs de plus de 55 ans possédant moins de 5 ha de vignes et moins de 30 000 euros de revenu). Un complément d’aide de l’Etat français est, là encore, attendue par les viticulteurs. « L’objectif est de parvenir à une aide globale de 12 000 euros/ha pour l’arrachage définitif », a expliqué Alain Vironneau, président du syndicat des vins de Bordeaux et Bordeaux supérieur le 20 janvier lors de la présentation des résultats économiques 2004.

Mais une part des hectares arrachés pourraient être replantée en reconversion progressive différée (replantation différée de 1 à 3 ans après l’arrachage), version bordelaise de la reconversion qualitative différée (RQD), qui a été acceptée par le conseil de direction de l’Onivins. Cette mesure s’inscrirait dans le dispositif de restructuration du vignoble. Cependant, la situation n’est plus aussi florissante que les années passées en matière de restructuration du vignoble car les aides bruxelloises sont réparties à présent entre 25 membres (et non plus 15). Et l’abondance des dossiers pour la campagne 2003/2004 oblige déjà à puiser sur l’enveloppe 2004/2005. Compte tenu de la baisse de l’enveloppe communautaire, l’Onivins a proposé un arrêté réduisant les taux d’aides d’environ 12% et supprimant certaines mesures. Les professionnels ont refusé de voter ce projet de texte et demanderont au ministre de revenir sur ces dispositions.