Ironie du sort, c’est au moment où se terminait l’expo Universelle de Milan, consacrée à l’excellence alimentaire de la planète, à l’alimentation des milliards d’habitants, que l’ONU, via l’OMS, sa branche santé, publiait dans le monde entier un rapport ravageur sur la viande. D’un côté, à Milan, un intense effort pour montrer les talents culinaires des habitants de la planète, ceux-ci désireux de consommer de plus en plus de viande ; de l’autre, des scientifiques montrant les risques d’une consommation excessive de cet aliment. Les deux revers de la médaille en somme. L’aliment en suffisance, source de paix et de santé, l’aliment en excès, source d’obésité, de maladies cardiovasculaires ou de cancers. Tout comme le fer, contenu dans la viande : c’est le composant qui incite à en manger mais c’est aussi celui dont l’excès, provoque les maladies. L’alternative est simple.
L’information, c’est comme la viande. Délivrée avec nuance, avec pédagogie et sans boursouflure, elle est la meilleure des choses pour le consommateur et citoyen. Charriée avec caricature, gros titres et sans tous les éléments de compréhension, elle est un poison pour la société.
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Le traitement du rapport de l’OMS sur la viande l’a bien montré. Un travail somme toute équilibré, sans grand élément nouveau, synthèse de travaux antérieurs, avec une certaine prudence à ne démontrer que le lien entre une consommation en excès et le cancer, ce travail a conduit à des gros titres à l’effet ravageur : « je dois manger moins de viande » se disait le consommateur, quand bien même il figure parmi les amateurs les plus modérés. Avec bon nombre de dégâts collatéraux possibles sur les éleveurs et leur filière. Comme pour la viande, il faudrait beaucoup de pédagogie pour apprendre au consommateur à user de l’information avec modération.