Pourvu que cela marche ! Pourvu que le bilan de santé de la Pac aboutisse bien à financer, au moins dès 2010, des politiques aussi diverses que le soutien à l’assurance récolte, l’aide aux productions défavorisées, à l’élevage extensif, à la gestion des crises… Car au vu du prochain budget du ministère de l’Agriculture et surtout de son évolution en 2010 et 2011, on ne sait trop comment tout cela sera financé. Non sans un certain courage, le ministre de l’Agriculture Michel Barnier annonce des chiffres qui ont de quoi déprimer le monde agricole : 4,75 milliards d’euros de plafond des crédits du ministère en 2010 contre 5 milliards en 2009 ; puis 4,66 milliards en 2011. La baisse sera sévère, les sacrifices seront douloureux. C’est la facture à payer pour la réduction du déficit budgétaire français amplifié en début de quinquennat avec le « cadeau fiscal » de l’ordre de 11 milliards d’euros en juin 2007.
Autre facture, celle qui résulte de la chasse à la recette fiscale. Avec pas mal d’incohérence, le gouvernement va surtaxer le kilomètre parcouru avec des biocarburants alors même qu’il encourage une progression du taux d’incorporation de ces carburants verts. Il n’y a pas de logique autre que fiscale mais il y aura certainement des dégâts économiques. Et puis, il y a le doublement de la taxe sur les phytosanitaires.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Cette âpreté à taxer déclenche même des vocations, telle une députée qui voudrait maximiser la TVA sur le sucre et les matières grasses, imaginant qu’une recette fiscale débouchera sur des recettes de cuisine plus diététiques ! Tout cela n’est pas sérieux.
Michel Barnier a réussi, pour 2009 à sauver les meubles en préservant quelques priorités. Mais il ne restera plus qu’une table de ferme à son successeur.