Pour éradiquer la famine et réduire l’impact des gaz à effet de serre agricoles d’ici 2030, la FAO et l’OCDE estiment qu’il faudrait augmenter de 28 % la productivité agricole mondiale. Cela passera notamment par une augmentation conjointe des rendements et de la productivité de l’élevage.
« La productivité agricole mondiale devra augmenter de 28 % (soit plus du triple de l’augmentation enregistrée durant les dix dernières années) au cours de la prochaine décennie pour éliminer la famine et réduire les émissions de gaz à effet de serre agricoles de 6 % », estiment la FAO et l’OCDE dans leur rapport sur les Perspectives agricoles 2022-31 publié le 29 juin. Concernant les cultures, cette projection signifie que l’augmentation de rendement des récoltes mondiales devrait alors passer de 13 % à 24 % sur 2022-2031 (+21 % pour le blé, +31 % pour les céréales secondaires), ajoute le rapport. Cette progression s’accompagnerait d’une hausse de 20 % de la production végétale et d’une diminution de 5 % de la superficie cultivée au cours de la prochaine décennie. Dans le cadre d’une croissance soutenable de la productivité, la FAO et l’OCDE considèrent que « la progression des rendements doit idéalement découler d’une utilisation plus efficiente de l’ensemble des intrants ou de l’abandon d’intrants qui causent d’importantes émissions, d’une production de nouvelles variétés végétales et races animales et d’un appel aux innovations numériques (l’agriculture de précision, par exemple) ». Concernant l’élevage, le scénario estime que la productivité devrait croître de 31 % en moyenne, dépassant largement la croissance enregistrée au cours de la dernière décennie en passant par une amélioration des pratiques d’alimentation, la sélection génétique et la gestion des troupeaux.
Investir dans l’innovation
Pour concrétiser cette projection, le rapport explique qu’« il faudra avant tout stimuler la productivité agricole, notamment au travers d’investissements publics et privés dans l’innovation, la R&D et les infrastructures, ainsi que par des mesures encourageant le recours aux nouvelles technologies durables et permettant le transfert de connaissances, de technologies et de compétences ». Avant de souligner également l’importance de « réorienter les soutiens internes distorsifs vers l’investissement dans les biens publics, en particulier les systèmes d’innovation ». Par ailleurs, d’autres mesures directes devraient être prises pour réduire les pertes et le gaspillage alimentaires, limiter la surconsommation de calories et de protéines (notamment d’origine animale) dans les pays à revenu élevé ou encore pour améliorer l’accès à la nourriture, ajoute le rapport.
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Toutefois, une hausse prolongée des prix de l’énergie et des intrants (dans le contexte de la guerre en Ukraine) pourrait remettre en question ces projections en limitant la croissance dans les années à venir, préviennent la FAO et l’OCDE.