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Faim dans le monde : nette hausse de l’insécurité alimentaire aiguë en 2021

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En raison de la combinaison de plusieurs facteurs (conflits, climat, chocs économiques, Covid-19), l’insécurité alimentaire en 2021 s’est fortement dégradée, puisque 40 Mio de personnes de plus ont basculé dans une situation de crise alimentaire aiguë. Les perspectives pour 2022 ne sont pas rassurantes en raison de la guerre en Ukraine.

En 2021, environ 193 Mio de personnes se trouvaient dans une situation de crise alimentaire aiguë ou « pire » dans 53 pays ou territoires (République démocratique du Congo, Soudan, nord du Nigeria, Éthiopie, Soudan du Sud, Zimbabwe, Syrie, Yémen, Haïti ou encore Afghanistan), soit 40 Mio de plus qu’en 2020 (+24 %) souligne, dans un rapport publié le 4 mai, le Réseau mondial contre les crises alimentaires qui réunit notamment la FAO, l’UE et le Programme alimentaire mondial (Pam). Les conflits et l’insécurité (139 Mio de personnes dans 24 pays/territoires), les phénomènes météorologiques extrêmes (plus de 23 Mio de personnes dans 8 pays/territoires) et les chocs économiques, y compris les effets économiques liés au Covid-19 (plus de 30 Mio dans 21 pays/territoires), ont de nouveau constitué les trois principaux facteurs de crise alimentaire. Mais ceux-ci, explique le rapport, « sont souvent liés entre eux et se renforcent mutuellement, ce qui rend difficile l’identification d’un déclencheur unique de chaque crise alimentaire ».

Lire aussi : « Faim dans le monde : la pandémie a aggravé l’insécurité alimentaire en 2020 »

Depuis 2016 (année de lancement du rapport), la population en situation de crise ou pire a augmenté d’environ 80 %. Cette tendance haussière n’est apparemment pas près de s’arrêter puisque pour 2022 (sans prendre en compte les conséquences de la guerre en Ukraine sur les importations de céréales et d’engrais), l’étude prévoit déjà qu'« entre 179 et 181,1 Mio de personnes dans 41 des 53 pays/territoires seront en situation de crise ou pire ».

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S’attaquer aux causes profondes

« La faim aiguë atteint des niveaux sans précédent et la situation mondiale ne cesse d’empirer. Les conflits, la crise climatique, le Covid-19 et la flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant ont créé une tempête parfaite – et maintenant, la guerre en Ukraine ajoute une catastrophe à la catastrophe. Nous avons besoin d’un financement d’urgence pour les sortir du gouffre et renverser cette crise mondiale avant qu’il ne soit trop tard », a alerté à cette occasion le directeur exécutif du PAM, David Beasley. Dans ce contexte, les auteurs du rapport soulignent l’urgence de mettre en place une action à grande échelle pour passer à des approches intégrées de prévention, d’anticipation et de meilleur ciblage « afin de s’attaquer durablement aux causes profondes des crises alimentaires, notamment la pauvreté rurale structurelle, la marginalisation, la croissance démographique et la fragilité des systèmes alimentaires ». Dans leurs conclusions, ils soulignent ainsi la nécessité d’accorder une plus grande priorité à l’agriculture des petits exploitants pour surmonter les contraintes d’accès et pour inverser les tendances négatives à long terme. Par ailleurs, des changements sont souhaités pour améliorer la distribution de l’aide humanitaire mais aussi pour réduire son niveau au profit d’investissements à plus long terme.