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Fairme cherche 8 à 10 M€ pour déployer ses mini-usines chez les éleveurs laitiers

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Le premier atelier autonome Fairme est installé dans une ferme iséroise. Crédits : © Fairme

La start-up technologique Fairme est parvenue à miniaturiser et automatiser un modèle d’usine laitière pour alimenter le marché en laitages et fromages. Une solution qui permettra aussi de générer des revenus complémentaires pour les éleveurs.

Un complément de revenus pour les éleveurs laitiers, sans alourdir leur charge de travail ni nécessiter de nouveaux investissements ? C’est la formule magique proposée par la start-up grenobloise Fairme, une recette à base de technologie de pointe, de produits laitiers traditionnels et prise en compte des attentes du marché et des éleveurs.

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« Notre atelier de transformation laitière est entièrement autonome, capable de fabriquer des yaourts et du fromage blanc, ainsi que d’embouteiller du lait, le stocker dans un réfrigérateur et de servir les clients grâce à un automate, tout en se connectant à l’équipement de l’éleveur pour récupérer son lait », explique Nathan Freret, directeur des opérations et du développement de Fairme. « L’atelier autonome est capable de transformer 5 litres de lait pour fabriquer un lot de yaourts par exemple, et enchaîner ensuite sur un lot suivant de 5 litres pour du fromage blanc », poursuit-il. L’outil peut même gérer des contenants de différentes tailles : 125 g pour les yaourts, 500 g pour le fromage blanc et 1 litre pour le lait. Il est très modulable et peut être adapté en fonction des volumes à traiter allant de 5 litres à 1500 litres par jour.

Pas d'investissement pour l'éleveur

« Il n’y a aucune manipulation ou travail pour l’éleveur puisque nous gérons tout à distance, y compris la vente qui se fait grâce à un distributeur automatique équipé d’un terminal de paiement », précise Nathan Freret. L’éleveur n’a pas d’investissement à réaliser puisque Fairme finance l’équipement, son installation et son raccordement à la salle de traite des vaches. Il est rémunéré grâce à l’achat du lait par Fairme à un prix de 0,80 €/litre, soit environ le double du prix du marché.

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Et pour ce qui est des revenus à venir de l’atelier, Fairme compte sur les ventes aux particuliers, soit directement à la ferme, soit en livraisons. Mais la start-up compte surtout sur la restauration collective (scolaire, d’entreprises, etc.) qui pourrait donner une visibilité à la production et écouler des volumes importants tout en répondant à la demande de ses clients pour des produits laitiers locaux et produits selon un cahier des charges proche du bio.

« Pour mettre au point cet atelier autonome, nous ne nous sommes pas contentés d’acheter des outils existants et de les assembler. Au contraire, nous avons tout repensé de A à Z, tout miniaturisé et fait en sorte que toutes les étapes soient parfaitement coordonnées sans nécessiter aucune intervention extérieure », souligne Nathan Freret. « Cette innovation est le fruit de trois ans et demi de travail d’une équipe d’une trentaine d’ingénieurs mécaniques, mécatroniques, électroniques, robotiques et spécialistes de l’intelligence artificielle », insiste Nathan Freret, issu de l’Ecole Polytechnique et de HEC.

5,3 M€ déjà mobilisés

Pour alimenter ces années de R&D, Fairme a pu compter sur le soutien de son fondateur Loïc Lecerf, investisseur issu du secteur technologique, qui a mobilisé 1 million d’euros pour son lancement, mais aussi d’aides des pouvoirs publics : 2,6 millions d’euros du fonds Deeptech de BPIfrance et 1,7 million d’euros comme lauréat du concours Innov dans le cadre de France 2023.

Un premier atelier est opérationnel depuis fin septembre au GAEC des Chamois, à Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère), et un deuxième doit voir le jour dans les Yvelines, en janvier 2024. « Nous avons un plan de déploiement qui prévoit une trentaine d’ateliers fin 2024, puis une centaine fin 2025 », prévoit Nathan Freret, qui table aussi sur une extension de la gamme des produits, en allant par exemple vers des fromages à pâte pressée non-cuite. Un développement accéléré qui va nécessiter des ressources financières supplémentaires. « Nous voulons lever entre 8 et 10 millions d’euros d’ici l’été 2024 auprès de fonds d’investissement industriels, à impact ou intéressés par la deeptech », indique Nathan Freret.