Le vibrant plaidoyer des pouvoirs publics pour une agriculture compétitive, la quasi-ouverture du ministre de l'Agriculture pour une attitude « objective » vis-à-vis des OGM (même si, en attendant, on bloque un MON 810), l'annonce d'investissements aussi importants qu'un atelier d'engraissement de 1 000 places financé par Intermarché, la présentation d'un fonds d'investissement, Labeliance, vecteur de capitaux non agricoles dans des exploitations… on peut se demander si ce Salon de l'agriculture fut vraiment le salon de l'agriculture familiale comme on l'a annoncé. Ou bien celui d'une agriculture d'entreprise faisant exploser le concept devenu quelque peu suranné d'agriculture familiale. Les Français ont peut-être tort d'avoir pris au pied de la lettre le lancement par la FAO de l'année de l'agriculture familiale, ce mot d'ordre s'adressant plutôt aux pays en voie de développement où ce modèle représente une réalité forte, à soutenir et encourager.
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En France, on peut se demander si l'agriculture familiale est encore un idéal. C'était un terme qu'on entendait à foison dans le syndicalisme majoritaire il y a quelques générations. Ne parle-t-on pas plutôt, aujourd'hui, d'agriculture d'entreprise ? De bons sociologues découvrent aussi, en France, de plus en plus des « agricultures de firme ». L'agriculture sociétaire, pour laquelle se battent les syndicalistes à propos des aides Pac est-elle encore familiale ? Le développement du salariat dans les fermes, tandis que les conjoints deviennent de plus en plus employés ailleurs, ne change-t-il pas le centre de gravité des exploitations vers des problématiques d'emploi et de charges sociales ? L'appel croissant à des capitaux extérieurs, est-ce compatible avec des structures familiales ? Il faudrait au moins se poser la question.