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FCO : ouverture du guichet d’indemnisation pour le sérotype 3

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Les éleveurs bovins et ovins touchés par la FCO-3 cet été ont jusqu’au 6 décembre pour déposer une demande d’avance d’aide sur le site de FranceAgriMer. Le guichet du solde, lui, sera ouvert début 2025.

Les éleveurs l’attendaient depuis cet été : le guichet d’indemnisation pour les pertes dues au séroytpe 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO-3) est ouvert sur le site de FranceAgriMer. Les professionnels ont jusqu’au 6 décembre pour demander une avance. Sont éligibles les « élevages ovins et bovins touchés par la FCO-3 entre les 5 août et 30 septembre 2024 », précise l’organisme public. Pour prétendre à l’aide, la maladie doit avoir été confirmée par PCR (élevage déclaré foyer).

Dans le détail, l’aide vient « prendre en charge les surmortalités liées à la FCO-3 observées sur les cheptels d’ovins et bovins de plus d’un an ». L’indemnisation est calculée sur la base d’un forfait par animal, sachant qu’un taux de mortalité de référence est appliqué pour tenir compte des pertes habituelles (de 1 à 3 % selon les espèces). Les forfaits sont de 330 € pour les ovins de plus d’un an, 1 900 € pour les bovins d’un à deux ans et de 2 500 € pour les bovins de plus de deux ans.

Début 2025 pour les ovins morts de la FCO-8

Les avances versées correspondront à 30 % de l’indemnisation prévisionnelle ; elles totaliseront donc une enveloppe de 25 M€ sur les 75 M€ annoncés par le gouvernement. « Le guichet servant à régler le solde des indemnisations liées à la FCO-3 et celles liées à la FCO-8 sera ouvert tout début 2025 », complète le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 14 novembre.

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Début octobre au Sommet de l’élevage, le Premier ministre Michel Barnier avait annoncé ce fonds d’urgence de 75 M€ pour indemniser les pertes directes dues à la FCO. Initialement réservé au sérotype 3 (exotique) de la maladie, il a finalement été élargi au sérotype 8 (endémique). Son enveloppe est inchangée, mais « en lien avec les professionnels, il a été décidé qu’un stabilisateur serait mis en place en cas de dépassement », précise la Rue de Varenne. Pour le sérotype 8, seuls les éleveurs d’ovins verront leurs pertes couvertes par ce fonds ; les éleveurs de bovins pourront, eux, émarger à un « programme d’indemnisation des pertes directes » dont le ministère a annoncé le lancement dans son communiqué. Enfin, l’exécutif a annoncé par la même occasion que les bovins pourront désormais être vaccinés gratuitement contre la FCO-3 dans toute la France ; c’était le cas jusque-là pour les seuls ovins.

Sur le plan sanitaire, le dernier bilan arrêté au 13 novembre fait état de 7 666 foyers de FCO-3 en France (+ 355 en une semaine), avec des premiers cas en Gironde, Lozère, Puy-de-Dôme, Maine-et-Loire et Corse-du-Sud. Dans l’Île de beauté, la préfecture assure, dans un communiqué du 14 novembre, que « plus de 80 % des ovins » de l’île pourront être vaccinés gratuitement. Et les autorités de préciser l’état des stocks de vaccins, réclamés par les professionnels : 7 700 doses « déjà […] réceptionnées » et qui « ont permis de débuter la vaccination », bientôt suivies par 57 600 doses « commandées par les vétérinaires sanitaires et […] en cours d’expédition ».

En 2023, la Corse comptait 76 000 brebis laitières et agnelles saillies, selon les chiffres du ministère (le cheptel ciblé par la vaccination ne comprend ni les « agnelles trop jeunes » ni les brebis de réforme, indique la préfecture). Quant aux vaccins pour bovins, ils « seront à nouveau disponibles dans le stock État fin novembre ». Après le premier cas confirmé le 8 novembre, l’Île de beauté compte dix suspicions de FCO-3 « en cours d’investigation », selon les autorités. Le ministère de l’Agriculture a lancé en août une campagne de vaccination volontaire dans le nord de la France, avant de l’élargir progressivement, puis de l’étendre à tout le territoire début octobre. Au niveau national, les pouvoirs publics disposent de 13,7 millions de doses.

Pertes survenues entre le 5 août et le 30 septembre