La fièvre catarrhale ovine (FCO) a provoqué des impacts sanitaires très hétérogènes dans les élevages ovins comme bovins, d’après une étude de terrain. De son côté, l’Idele observe que les maladies vectorielles accélèrent l’érosion du cheptel bovin.
La plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) a publié le 7 janvier une première évaluation des impacts sanitaires de la fièvre catarrhale ovine (sérotypes 3 et 8), marqués par une « forte variabilité » tant en filière ovine que bovine. Chez les ovins, la mortalité peut aller de 0 à 35 % des animaux malades pour la FCO-3, et de 0 à 33 % pour la FCO-8. « La mortalité chez les brebis est présente dans au moins la moitié des élevages enquêtés », indique la plateforme ESA, et elle « peut être très importante dans certains cheptels ». Chez les bovins, « la mortalité chez les [animaux] adultes semble limitée à l’échelle collective », malgré des pertes importantes dans certains élevages. Elle peut atteindre 0 à 50 % pour la FCO-3, et 0 à 29 % pour la FCO-8.
En termes de morbidité (proportion d’animaux atteints), les résultats présentent également une importante dispersion : pour les vaches, 0-98 % pour la FCO-3 (médiane à 6 %) et 0-77 % pour la FCO-8 (médiane à 3 %) ; pour les brebis, 0-60 % pour la FCO-3 (médiane à 8 %) et 0-33 % pour la FCO-8 (médiane à 4 %). Les deux sérotypes étudiés de la FCO semblent affecter avant tout les animaux adultes : environ deux tiers des élevages de bovins présentent des adultes malades (plus de 24 mois). Une proportion qui varie entre 62 % (FCO-3) et 49 % (FCO-8) pour les ovins de plus de 12 mois. En revanche, les jeunes animaux entre 22 jours et 6 mois semblent moins souvent touchés, en bovins comme en ovins. L’impact sur les nouveau-nés (moins de 22 jours) est toutefois non négligeable en bovins, avec un tiers à un quart des élevages touchés ; les cas dans cette classe d’âge sont beaucoup plus rares en ovins (moins de 6 %).
Des avortements observés en élevages
L’étude a aussi montré que les éleveurs ont observé des avortements, sans pouvoir les relier directement à la maladie (en bovins, au moins 44 % pour la FCO-3 et 20 % pour la FCO-8 ; en ovins, 7 % pour la FCO-3 et 15 % pour la FCO-8). « Les différents impacts sur la reproduction ne peuvent pas être mesurés avec cette enquête », préviennent ses auteurs, renvoyant à d’autres études en cours sur ce sujet « complexe ». Les données ont été récoltées en octobre et novembre 2024 par les GDS (groupements de défense sanitaire), par téléphone, auprès de quelque 314 élevages foyers dans 15 départements. Cette première étude porte sur les résultats observés « un à deux mois après le début de la suspicion ». D’autres données sur l’impact à plus long terme (jusqu’à six mois) « seront analysées ultérieurement ».
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De son côté, l’Institut de l‘élevage (Idele) observe de premiers effets des maladies vectorielles sur les effectifs nationaux de bovins. Alors qu’il ralentissait depuis le début de l’année, le rythme de décapitalisation est reparti à la hausse à l’automne 2024, notamment en raison des maladies vectorielles, indique son bulletin Tendances paru le 20 décembre. L’effectif de vaches allaitantes est ainsi en recul de 1,7 % sur un an au 1er octobre 2024, puis de 2 % au 1er novembre. Plus tôt dans l’année, le rythme de baisse était passé de 1,8 % au 1er janvier 2024 à 1,5 % au 1er septembre.
La décapitalisation repart à la hausse
Au 1er novembre, on comptait dans l’Hexagone 3,392 millions de vaches allaitantes et 3,305 millions de vaches laitières (-2,2 % sur un an). L’accélération de la décapitalisation est « lié[e] au très faible nombre de génisses entrées dans les troupeaux », explique l’Idele. En raison des épizooties de maladies vectorielles, « la fertilité a été affectée et des avortements se sont produits, en partie chez des génisses », qui ne sont donc pas entrées dans le troupeau des mères, relève l’institut technique. Au 2 janvier, la France comptait 9 155 foyers de FCO-3 (+ 111 en une semaine) dans 52 départements. S’y ajoutent 3 750 cas de maladie hémorragique épizootique (MHE) depuis le 1er juin (+ 12 en une semaine), sans oublier des milliers de cas de FCO-8.