Le nouveau ministre de l’Agriculture n’a pas laissé entendre de « changement de cap », regrette la Confédération paysanne. Mais il se serait montré ouvert à « une meilleure prise en compte du pluralisme syndical » aux prochaines élections des chambres d’agriculture.
La Confédération paysanne a livré ses premières impressions après sa première rencontre avec le nouveau ministre de l’Agriculture Marc Fesneau. Dans un communiqué paru le 1er mai, le syndicat « regrette de ne pas avoir perçu de changement de cap dans les orientations du ministère », et ce « malgré l’ambition de planification écologique affichée par ce nouveau gouvernement ». Seule note positive affichée par la Conf', Marc Fesneau se serait montré ouvert pour travailler prochainement sur sa demande d’une « meilleure prise en compte du pluralisme syndical » (davantage de proportionnelle au scrutin des chambres d’agriculture).
La Confédération paysanne rapporte par ailleurs avoir mis « au cœur » de son échange avec le ministre le « revenu paysan », sujet selon elle « en souffrance après l’échec des lois Egalim ». Pour le relever, le syndicat a notamment évoqué la réforme de la Pac, la gestion de la crise d’influenza aviaire », mais aussi « l’enjeu d’alimentation qui ne doit pas se limiter à la seule mesure d’urgence d’un chèque alimentaire ».
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La CR pour une « exception Ukraine »
La veille, c’était la Coordination rurale qui était reçue par le nouveau ministre. La CR lui a fait part de ses inquiétudes, entre « flambée des coûts de production et agriculture en crise ». Les charges que subissent les agriculteurs et éleveurs, « et notamment celles liées aux matières premières, ne cessent d’augmenter », selon un communiqué.. « On a besoin d’une sécurisation des prix et des quantités » d’intrants, souligne à Agra Presse le président de la CR, Bernard Lannes, demandeur d’un état des lieux sur les disponibilités en engrais pour la campagne à venir. Le ministère l’a informé, après enquête dans l’agrofourniture, qu’« il n’y aurait pas d’entente pour faire monter les prix » des engrais azotés.
Par ailleurs, la contractualisation « ne permet toujours pas d’obtenir des prix rémunérateurs », a regretté le syndicat minoritaire : « Les contrats doivent être remis à plat et les marges mieux réparties. » Les céréaliers qui ont vendu une partie de leur récolte avant l’envolée des prix doivent pouvoir « renégocier », considère Bernard Lannes, invitant les organismes stockeurs à se réunir avec les syndicats pour faire « une exception Ukraine ».