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Fièvre aphteuse : pas de nouveau cas, Bruxelles exclut la vaccination

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Au 20 janvier, aucun nouveau cas de fièvre aphteuse n’avait été détecté en Allemagne. Devant une situation sanitaire qui semble maîtrisée, la Commission européenne a exclu de recourir à la vaccination.

Interrogée à la suite de la détection d’un foyer de fièvre aphteuse en Allemagne, une porte-parole de la Commission européenne a exclu le 16 janvier le recours à la vaccination contre cette maladie. « Pour vacciner les animaux, il faut une stratégie et, pour le moment, l’épidémie n’est pas assez importante pour que nous considérions » la vaccination, a-t-elle déclaré lors du briefing presse quotidien. « Il y a un vaccin et une banque d’antigènes gérés par la Commission européenne », rappelle l’exécutif européen. « Nous sommes en contact permanent avec les autorités allemandes et, hier (le 15 janvier, NDLR), il n’y avait aucun nouveau cas reporté », explique la porte-parole. C’était toujours le cas au 20 janvier, selon la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale.

Bruxelles a salué la « réaction rapide » des pouvoirs publics allemands, qui « ont appliqué immédiatement la réglementation européenne » (mise en place d’un zonage avec interdiction des mouvements d’animaux). Au sens de la réglementation européenne, la fièvre aphteuse est classée comme « normalement absente de l’Union européenne » et « à éradication immédiate » (catégorie A + D + E). Une catégorie qui comprend par exemple l’influenza aviaire. Tout nouveau foyer entraîne la mise en place d’un zonage d’où les animaux sensibles ne peuvent pas sortir. Mais, en raison du marché unique, « un État membre ne peut pas interdire les introductions d’animaux en provenance d’un autre État membre », explique David Ngwa Mbot, vétérinaire conseil à GDS France, à Agra Presse. Seule exception : en cas de suspicion d’introduction de la maladie (signes cliniques observés sur un animal importé par exemple). Un levier qui n’est jamais utilisé dans les faits, selon l’expert.

Mesures de précaution aux Pays-Bas

La fièvre aphteuse avait été détectée sur trois buffles d’eau près de Berlin le 9 janvier, le premier cas depuis 2011 dans l’UE. La maladie a ensuite été suspectée dans un élevage caprin situé dans le même Land de Brandebourg ; une suspicion infirmée le 17 janvier, indique la plateforme ESA dans son bulletin hebdomadaire. Dans une interview au journal Rheinische Post, le président du DBV (syndicat agricole majoritaire) Joachim Rukwied plaidait pour la vaccination, craignant une fermeture de l’export en cas de propagation de la maladie. Selon la plateforme ESA, « les autorités sanitaires ont annoncé qu’un vaccin pourrait être produit en quelques jours, grâce aux souches issues des banques d’antigènes conservées dans le but de pallier [les] situations d’urgence ».

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Par mesure de sécurité, le ministère hollandais de l’Agriculture a interdit le 11 janvier tout déplacement de veaux dans le pays, après qu’une enquête a montré que 3 600 veaux en provenance d’Allemagne ont transité par le Land de Brandebourg. Seule exception possible : le transport pour abattage, à condition de respecter un « protocole d’hygiène obligatoire », selon un communiqué. « Plus de 3 600 veaux ont été transportés du Brandebourg vers les Pays-Bas depuis le 1er décembre, via des centres de collecte situés ailleurs en Allemagne », indique le ministère. Ces veaux « se trouvent dans plus de 125 exploitations de veaux de boucherie », où les autorités recherchent la présence du virus.

Interdiction de visite en élevage

Les pouvoirs publics hollandais ont aussi instauré une « interdiction de visite » dans les élevages de veaux de boucherie, sauf pour les « visiteurs nécessaires, tels que les vétérinaires ». La fièvre aphteuse est très contagieuse et peut notamment être transmise de manière indirecte (transport, matériel, etc.). Ces mesures visent à « minimiser le risque d’une éventuelle propagation », même si celui-ci reste « faible ». Citée dans le communiqué, la ministre de l’Agriculture Femke Marije Wiersma affirme que « pour l’instant, il n’y a pas de cas ou de soupçon d’infection aux Pays-Bas ». En France aussi, « on a vérifié les flux d’animaux arrivés potentiellement d’Allemagne », rapportait David Ngwa Mbot, de GDS France, à Agra Presse le 15 janvier. « On a cherché si des animaux venaient de la zone concernée : il n’y en a pas. »

Les Pays-Bas ont recensé 3 600 veaux en provenance de la zone contaminée