Alors que la filière pêche en Bretagne se relève tout juste de la crise du Covid-19, elle doit déjà se préparer au Brexit. En phase de structuration importante, la filière halieutique bretonne s’est réunie le 3 juin à la criée de Concarneau pour envisager l’avenir et défendre l’importance de consommer des produits de la mer locaux.
La filière halieutique bretonne représente à elle seule 70 % de la production nationale. « Cela veut dire 500 000 tonnes de produits de la pêche, 200 000 tonnes de conchyliculture et encore 70 à 90 000 tonnes d’algues, secteur pour lequel nous sommes les premiers en Europe et dans le monde », commente Olivier Le Nézet, président de Breizh Mer, nouvelle association bretonne qui réunit comités des pêches, représentants de la pisciculture, de la conchyliculture, mareyeurs et transporteurs. « Après ce ballon d’essai durant le confinement, nous allons nous préparer au plat de résistance avec le Brexit à venir », note-t-il. Son ambition ? Chercher de la stabilité face au défi à relever pour la filière et de la visibilité pour les entreprises du secteur.
Un fonds d’aide de 27,5 M€ pour relancer l’économie bretonne
Celles-ci ont été fortement secouées par une baisse, voire un arrêt brutal de leurs activités durant le confinement. « Pour autant, les professionnels de la criée ont continué à travailler pour que poissons et fruits de mer bretons soient toujours distribués et consommés durant cette période », poursuit Olivier Le Nézet. « Comme pour les fruits et légumes locaux et de saison, il est important de promouvoir notre pêche locale. L’acte d’achat est un acte politique, rappelle quant à lui Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne. La pêche bretonne représente une économique locale importante pour le territoire, il est aussi possible de mesurer l’impact écologique de sa consommation de poisson ». Outre le PGE proposé par l’Etat, la Région Bretagne a développé un outil d’aide au service de l’économie bretonne, à laquelle peut prétendre la filière pêche. Ainsi, le fonds Covid Résistance, doté de 27,5 M€, est accessible aux TPE et indépendants depuis le 15 mai. « Nous allons aussi soutenir l’accès aux fonds propres, indispensable pour permettre de continuer d’investir dans la modernisation de nos outils », précise le président de Région.
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Lobbying permanent en vue du Brexit
En plus de l’accent mis sur la création d’un éco-label de pêche bretonne mettant en lumière la traçabilité et la qualité des produits, les acteurs de la filière halieutique participent d’une seule voix au lobbying européen qui se joue actuellement sur les négociations du Brexit. L’accès aux eaux territoriales britanniques reste en effet une priorité pour sept pays européens, dont la France. « Nous coordonnons un discours commun avec Bruxelles et Paris, assure Loïg Chesnais-Girard. Pour que les conditions de pêche soient au rang numéro 1 des négociations globales concernant le Brexit. »