Arrivée à la tête du groupe en 2003, Jean-Michel Texier a réussi à sortir Pizza Pino du rouge et annonce la fin de son redressement judiciaire par anticipation – qui courait jusqu’en 2009. Grâce à une unification de ses structures et de différents postes (comme les achats ou la gestion du personnel), la société a réussi avec un chiffre d’affaires quasi-stable, approchant les 30 millions d’euros, à retrouver sa rentabilité avec un EBE doublé entre 2003 et 2005. Déficitaire à -6,2 millions d’euros il y a trois ans, la société affiche aujour-d’hui un bénéfice net de 1,1 million.
« Tout a été rendu possible par un plan d’action drastique ». Jean-Michel Texier a la victoire modeste. En 3 ans, entouré d’une équipe restreinte, le p.-d.g. de Pizza Pino a réussi à sortir d’affaire cette chaîne de restauration à thème, plutôt mal en point. Le résultat net de la société est ainsi passé d’une perte de 6,2 millions d’euros en 2003 à un bénéfice de 1,1 million en 2005. Pour un chiffre d’affaires en progression de 3% par rapport à 2004, atteignant 30,3 millions d’euros. Des chiffres probants, qui ont – entre autre – permis à Pizza Pino de sortir de son redressement judiciaire par anticipation, fait rarissime.
Echec aux USA
Retour en arrière. C’est en 1998 que le groupe dépose le bilan. Alors aux mains de la famille fondatrice, qui ne trouve pas d’héritier pour prendre les rênes, Pizza Pino vient d’essuyer un lourd échec. La tentative d’implantation à l’étranger – aux Etats-Unis précisément –, de ce concept de « pizzeria populaire », créé en 1962, avorte et plombe les comptes de la société. Fin 1999, le fonds d’investissement français Astorg 2 reprend finalement à la barre du tribunal de commerce 80% du capital. La société est placée en redressement judiciaire avec un plan de continuation qui devait courir jusqu’en 2009. Et place aux commandes en 2003 Jean-Michel Texier et son équipe.
Un EBE doublé en 3 ans
Début 2004, la nouvelle équipe dirigeante choisit de sortir Pizza Pino du carcan juridique que constitue ce fameux plan de continuation. « L’intérêt fondamental de la démarche etait de sortir de cette position délicate vis-à-vis de nos fournisseurs,explique Jean-Michel Texier. Cette situation nous empêchait également de solliciter un financement bancaire pour réaliser un investissement. Enfin, être en redressement judiciaire laisse planer un climat d’incertitude assez démotivant pour le personnel !».
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La première priorité fut logiquement d’améliorer la santé financière de l’entreprise. A travers une réorganisation complète du groupe, qui était jusqu’alors composé de sociétés indépendantes, l’ensemble de la stratégie a été unifiée. La mutualisation de nombreux postes comme les achats a permis d’accroître considérablement la rentabilité. Avec un chiffre d’affaires quasi-stable sur 3 ans, Pizza Pino a ainsi vu son EBE doubler sur la période, passant de 1,7 millions d’euros en 2003 à plus de 3,7 million en 2005.
Le soutien des banques
Une stratégie qui a permis une amélioration du mix produit – le ticket moyen a progressé de 1,7 % et le nombre de couverts de 1,3% par rapport à 2004 – et par la conduite d’une réelle politique de management – une direction de relations humaines a été créée à cet effet. Deux établissements « structurellement déficitaires » ont également été cédés, faisant passer le nombre de restaurants de 9 à 7. Sa situation financière assainie et ses fonds propres reconstitués, Pizza Pino a dû bénéficier du soutien de ses créanciers pour pouvoir obtenir des juges « l’ordonnance d’exécution du plan de continuation par anticipation ». « Les banques nous ont fait confiance, indique François Deloire, directeur administratif et financier du groupe. Sans elles, on n’aurait pas pu avancer. Mais elle n’ont fait que geler le nominatif, il n’était évidemment pas question d’annuler des créances ». Des dettes bancaires qui atteignent encore les 12 millions d’euros.
Des ouvertures en 2007 ?
Libérée du redressement judiciaire et du plan de continuation depuis le 13 mars dernier, la direction de Pizza Pino entend poursuivre sur sa lancée. Son p.d.g. prévoit pour 2006 « une augmentation du chiffre d’affaires de 4 % et un EBE qui devrait passer de 3,8 à 4,2 millions d’euros ». Avec pour principaux objectifs de continuer à « travailler avec ses partenaires à la réduction de la dette » et « finir l’interpénétration des pratiques dans le groupe » confie le dirigeant. Après la rénovation du vaisseau amiral, avenue des Champs-Elysées, Pizza Pino devrait entamer celle de son établissement de Montparnasse. Avant, pourquoi pas, de procéder à de nouvelles ouvertures en 2007.