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Commission européenne Fischer Boel s’en va, Barroso reste

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Les candidats vont maintenant pouvoir se manifester. La commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel quittera en effet Bruxelles en novembre, à l’issue du mandat de l’actuel collège européen. « Je ne serai pas candidate pour la prochaine Commission », a-t-elle annoncé le 13 septembre en marge du Conseil agricole informel des Vingt-sept à Växjö, en Suède (confirmant ainsi une information publiée dès avril par Agra Europe, voir n° 3198 du 13/04/09). « Si j’avais dix ans de moins, je ne serais pas partie », a assuré Mme Fischer Boel, qui est âgée de 66 ans. L’ancienne ministre danoise de l’agriculture, qui avait pris ses fonctions de commissaire européenne le 22 novembre 2004, a tenu aussi à préciser que son départ « n’a pas de lien avec la crise du lait », sa décision étant prise depuis quelques mois. A l’inverse, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, reste à Bruxelles. Le président de la Commission de Bruxelles a en effet obtenu le soutien d’une large majorité des députés européens pour effectuer un second mandat.

L’échéance précise du mandat de l’actuelle Commission européenne n’est pas encore claire car elle dépend du sort réservé au traité de Lisbonne, sur lequel les Irlandais doivent se prononcer le 2 octobre et dont la ratification définitive est encore en suspens en Allemagne, Pologne et République tchèque. La date théorique du 1er novembre « sera dépassée », estime en tout cas Mme Fischer Boel.
Pour la succession de l’actuelle commissaire à l’agriculture, seul le nom de l’ancien ministre roumain Dacian Ciolos est pour l’instant mentionné formellement (1). Mais celui-ci a un handicap : son pays est lourdement tributaire d’une agriculture peu structurée et a eu quelques problèmes avec la gestion des fonds communautaires. Reste que le secrétaire d’Etat français aux affaires européennes, Pierre Lellouche, a déclaré le 14 septembre, en marge d’une réunion des ministres des affaires étrangères à Bruxelles, que Paris est « favorable » à la candidature roumaine.
Deux autres anciens ministres de l’agriculture sont partants pour faire partie du prochain collège européen : le Français Michel Barnier et l’Autrichien Wilhelm Molterer. Traditionnellement, le dossier de l’agriculture n’est pas confié à Bruxelles au ressortissant d’un « grand » Etat membre. Quant à l’Autriche, elle a déjà été titulaire de ce portefeuille pendant dix ans, avec Franz Fischler.
Par ailleurs, le nom de Cees Veerman, ancien ministre néerlandais de l’agriculture, est régulièrement cité pour le poste de commissaire à l’agriculture.
Gestion libérale
C’est d’ailleurs essentiellement en vertu de la parité hommes/femmes au sein de la Commission présidée par José Manuel Barroso que, au détriment de son homologue néerlandais, Mme Fischer Boel, ministre danoise de l’agriculture de fin 2001 à juillet 2004, avait obtenu son portefeuille bruxellois en novembre 2004. La voie était ainsi ouverte à une gestion « à la danoise », c’est-à-dire très libérale, des politiques communes.
Son mandat a été tout d’abord marqué par la réforme du secteur du sucre en 2005, puis des fruits et légumes en juin 2007 et du vin en décembre 2007.
En novembre dernier, la commissaire à l’agriculture a bouclé le bilan de santé de la Pac, chemin vers la prochaine réforme.
Ces dernières semaines, Mme Fischer Boel s’est trouvée confrontée à la crise du lait. Sans doute le dossier le plus difficile de son mandat bruxellois.
Enfin, la commissaire européenne a été très présente dans les interminables négociations de l’OMC, défendant les intérêts de l’agriculture européenne à sa manière, c’est-à-dire sans se départir de ses convictions libérales.
« Je ne crois pas que la France pleurera le fait que je ne continue pas (à Bruxelles) », a déclaré la commissaire à l’agriculture dans les colonnes de l’édition du 13 septembre du quotidien danois Jyllands-Posten. « Les Français pensent que je suis dure au-delà de toutes les limites ».
« Nous avons fait le ménage »
« Nous avons soigneusement orienté la Pac de manière à ce qu’elle cible en permanence les nouveaux défis qui se font jour, tels que la nécessité de renforcer la compétitivité du secteur agricole, celle de mettre les préoccupations environnementales au centre de la politique et celle de répondre à la crise alimentaire internationale », écrit la commissaire à l’agriculture sortante en introduction d’une brochure publiée le 14 septembre sous le titre La politique agricole et rurale sous le mandat de Mme Fischer Boel.
« Nous avons fait le ménage dans la gestion quotidienne de la Pac, pour la rendre plus simple, plus saine, plus forte et plus visible aux yeux des citoyens, le tout en assurant l’intégration harmonieuse de 12 nouveaux Etats membres au sein de l’UE et de son système agricole, poursuit-elle. Nous avons également transposé les principes de la nouvelle Pac dans le contexte international en cherchant des moyens de renforcer les échanges commerciaux et la sécurité alimentaire dans le monde entier ».
« Il va sans dire que ce travail a bien occupé mon temps ces cinq dernières années ! Aussi, au terme de cette période, je suis très satisfaite. Aucune politique ne peut atteindre la perfection, mais la Pac – l’une des plus anciennes politiques communes de l’UE – a subi des changements de la plus haute importance et est à présent prête à affronter l’avenir », affirme enfin Mme Fischer Boel.
(1) Voir n° 3216 du 07/09/09

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