Deux sociologues, Giovanni Prête (Sorbonne Paris Nord) et Jean-Noël Jouzel (CNRS), déjà coauteurs du livre « La France empoisonnée » (édition Science Po), entendent lancer une thèse sur les maladies professionnelles liées aux pesticides pour les activités extra-agricoles de la filière fleurs coupées, a appris Agra Presse. « Les études sur les personnes manipulant les fleurs coupées dans les marchés de gros, les unités de préparation de bottes ou chez les fleuristes de quartier sont plus rares que celles concernant les espaces de production, comme les champs et les serres », explique Giovanni Prête. Les résidus de pesticides présents sur les fleurs coupées sont, le plus souvent, invisibles et inodores. « Quand bien même une fleuriste prend conscience qu’elle est exposée, elle peut très bien ignorer les maladies que ces produits peuvent provoquer dans son propre corps ou celui de ses enfants », précise-t-il. Et de rappeler qu’en juillet 2023, pour la première fois, le FIVP a proposé une indemnisation pour une leucémie mortelle ayant affecté la fille d’une fleuriste.
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De plus, dans le processus de déclaration et de reconnaissance de maladies professionnelles liées aux pesticides, le questionnaire que doit remplir le requérant n’indique que les métiers agricoles, pas celui de fleuriste. « On peut aussi s’interroger sur l’absence apparente de prise de conscience forte dans les organismes de prévention et les entreprises concernées par le problème. L’enjeu de l’exposition des travailleuses des fleurs aux pesticides n’est pas bien – voire pas du tout – pris en compte », regrette Giovanni Prête. Le projet en est à ses débuts. Cependant, Giovanni Prête espère pouvoir lancer les travaux pour la fin 2024.