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Fleurs : difficile reconquête pour l’origine France

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Relancée par une demande post-Covid, la fleur française peine encore à y répondre. Question de volumes, d’adéquation offre/demande… et de structuration de la filière

Le salon du Végétal d’Angers a accueilli le 11 septembre la première édition de la Journée de la fleur coupée française, organisée par Valhor et la profession. L’occasion de faire le point sur une filière qui connaît un certain regain de la part des consommateurs, mais qui peine à pouvoir y répondre. « La crise du Covid a entraîné une plus forte demande de fleurs locales, vertueuses, de proximité. Où est la fleur française ? », s’est ainsi interrogée Marie Levaux, présidente de Verdir (Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières).

De fait, la production s’est étiolée depuis plusieurs décennies. Et cela continuait encore récemment. Selon FranceAgriMer et Valhor, une diminution de 19 % du nombre d’exploitations spécialisées en fleurs coupées a été observée entre 2019 et 2021, désormais surtout concentrée en régions Paca, Pays de la Loire, Ile de France. Le produit français ne représente plus que 15 % du marché. « Dans les années quatre-vingt-dix, le prix et la qualité prévalaient, pas l’origine. La valorisation de la fleur française n’était pas suffisante. Aujourd’hui, la donne a changé », a reconnu Denis Moinet, grossiste à Niort. Les participants plaident pour une meilleure connaissance du secteur et à la structuration de la filière. Une nécessité alors qu’après avoir augmenté entre 2020 et 2021, les achats de fleurs coupées ont régressé en 2022.

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Garantie fraîcheur et diversité

La filière dispose de certains atouts. Le premier est la diversité de ses productions, ce qui la différencie des grands faiseurs internationaux, avec l’avantage de permettre d’échelonner les productions toute l’année. Maxime Clement, floriculteur en région Centre, cultive une large palette (pivoine, renoncule, lys, giroflée, tulipe, en serre et en extérieur) : « Des cultures différentes rendent difficile d’être performants sur tout, mais cela permet d’être présent tout au long de l’année. » Pour Denis Moinet, la capacité à approvisionner régulièrement est la clé de la relance française : « C’est le manque de volume qui fait tourner vers l’importation. Et il faut aussi une adéquation de l’offre à la demande, en termes de saison, de taille mais aussi de prix. La fleur préférée des Français n’est pas que locale, c’est aussi une question de couleur, de port, de tenu en vase… ».

L’autre atout réside dans la Charte qualité Fleur, lancée en 2007 par la profession, qui a comme objectif d’apporter des garanties aux consommateurs : surtout, celle d’une fleur fraîche sept jours minimum (tenue en vase) après l’achat. À l’occasion de l’événement angevin, sa nouvelle mouture (incluant les données RSE au référentiel et mettant à jour la liste des espèces éligibles) a été présentée.

80 à 85 % des achats proviennent de l’importation