Le semencier familial Florimond Desprez acquiert la société bretonne Germicopa (Quimper), présentée comme le leader français du plant de pomme de terre. Cette opération lui offre de nouvelles perspectives d'expansion, notamment à l'international.
« L'acquisition de Germicopa est une véritable opportunité de diversification », a expliqué le 15 septembre François Desprez, président du groupe nordiste spécialisé dans les semences de betteraves et de céréales à paille.
Germicopa réalise un chiffre d'affaires de 38 millions d'euros. La société pèse 80 000 tonnes de plants de pommes de terre, avec 170 producteurs contractualisés qui se répartissent sur 1 700 hectares en Bretagne et 800 hectares dans le Nord. La moitié de la production est exportée.
Florimond Desprez représente, avec Germicopa, un chiffre d'affaires de 260 millions d'euros. 65 % des ventes sont réalisés hors de France, soutenues par une présence dans 55 pays. L'entreprise possède dix filiales à l'étranger. « C'est vers les pays tiers, aujourd'hui à 40 % de notre chiffre d'affaires, qu'il y aura le plus de développement à venir », a souligné François Desprez.
Garder un ancrage en France
Des synergies sont visées dans le cadre du rapprochement entre les deux acteurs. « Florimond Desprez permettra à Germicopa d'accéder à des outils de recherche plus importants, et mettra à sa disposition son réseau de filiales pour consolider son développement à l'international sur un marché en expansion », d'après un communiqué. Le nordiste investit chaque année 30 millions d'euros en R&D, soit 12 % de son chiffre d'affaires. Il utilise des outils nouveaux comme le génotypage à haut débit, le phénotypage.
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Pour Eric Bargy, directeur général de Germicopa, l'intérêt d'une telle opération se pose en termes de pérennité d'entreprise. « Un de mes soucis, depuis le retrait de Clause comme actionnaire en 1996, est de rester une société française, avec une recherche et un réseau commercial en France », a-t-il déclaré.
Equilibre préservé entre le Nord et la Bretagne
La nouvelle organisation n'augure aucun grand changement entre les deux bassins de production de plants : « Il n'y aura pas de bouleversement, sur les cinq ans à venir, dans la répartition entre le Nord et la Bretagne », a rassuré Eric Bargy.
La France est le 11e producteur mondial de pommes de terre, avec 6,6 millions de tonnes par an, mais le premier exportateur avec 2 millions de tonnes. Quant à la consommation par habitant, une distinction ressort entre la baisse dans les pays développés et la hausse côté tiers monde. « Le marché international est important en termes de développement futur », a considéré Eric Bargy.