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Environnement FNE s’inquiète de voir les biocarburants tendrent vers les 10% d’utilisation

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L’association France Nature Environnement (FNE) s’inquiète de voir les biocarburants tendrent vers les 10% d’utilisation dans les moteurs à l’horizon 2020. Dans un séminaire organisé le 3 juin, elle a tenté de faire la lumière sur les conséquences de la directive européenne qui impose 10% d’énergie renouvelable dans les transports, laquelle pourrait conduire selon elle à des importations d’éthanol de canne à sucre du Brésil et d’huile de palme d’Indonésie, au dépens des forêts tropicales.

«Sur les 10% d’énergie renouvelable que devront utiliser les transports en 2020, nous ne voyons pas d’autres filières que les biocarburants capables d’assurer cet objectif et c’est justement ce qui nous préoccupe. Nous aimerions que les pouvoirs publics nous précisent quelle est selon eux la part des biocarburants dans ces 10% », explique Michel Dubromel, responsable du réseau « transports » de la FNE.
Pour l’association, la consommation européenne de biocarburants, dopée par cet objectif de 10%, « se traduira nécessairement par l’importation d’éthanol de canne à sucre brésilien et d’huile de palme indonésienne ou malaisienne ». Conséquence : « Nous roulerons alors plus propre grâce à la déforestation massive des forêts tropicales », a expliqué Lionel Vilain, conseiller technique à FNE.

L’Ademe prépare des études sur l’impact environnemental
La déforestation due aux biocarburants est le point d’origine du lourd dossier du changement d’affection des sols dans le monde : importer des biocarburants revient à transformer à distance des millions d’hectares de terres forestières en terres cultivées, libérant des gaz à effet de serre et érodant la biodiversité.
Le débat international sur le changement d’affection des sols est loin d’être clos. Pour Tim Searchinger, de l’université de Princeton, le système de comptabilité des gaz à effet de serre est mal conçu : « On pourrait couper toutes les forêts du monde et les brûler en cogénération (production d’électricité et valorisation de la chaleur), ce serait compté comme économie d’émissions de CO2 ! ».
Consciente des lacunes des connaissances actuelles sur l’impact environnemental des biocarburants, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) prépare plusieurs études, a indiqué Jérôme Mousset, chargé des questions agricoles à l’Ademe. L’une d’elles examinera les interactions entre le développement des biocarburants et les productions agricoles, en tenant compte des importations et des exportations de biocarburants et de produits alimentaires. Une autre sera la suite de l’étude « ACV » (analyse du cycle de vie) des biocarburants, en y traitant la question du changement d’affectation des sols.

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