Des organisations professionnelles veulent y voir plus clair dans l’origine des produits agricoles et des ingrédients agroalimentaires. La voie du dialogue est nécessaire pour aboutir à une démarche volontaire.
Plusieurs idées ont été formulées ces derniers jours pour relancer l’affichage de l’origine des denrées agricoles et des ingrédients dans les produits alimentaires. La FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) ont annoncé le 23 février la création d’un Observatoire de l’origine afin de dresser un état des lieux de l’origine des produits agricoles et alimentaires consommés en France. Au-delà du constat, qui sera dressé d’ici un an sur une base déclarative des participants, le but est d’analyser les freins à la transparence et de valoriser l’origine France auprès des acheteurs. Pour cet observatoire, la FNSEA et les JA ont mobilisé des organisations professionnelles : la Coopération agricole, Chambres d’agriculture France, l’industrie agroalimentaire (Ania, Ilec, Pact’Alim), les grossistes (CGF, Grossistes alimentaires de France, Metro), la distribution (Coopérative U et Intermarché), la restauration (Unih, Restau’Co, Snarr, SNRC, Geco), ainsi que les consommateurs (Familles rurales, UFC-Que choisir, En vérité).
Une négocation rendue obligatoire
Mais tous les participants n’ont pas la même lecture du sujet. Certains sont partisans de travailler sur la base du volontariat en soutenant logo Origin’Info, lancé par l’État en 2024. Il permet d’indiquer le pays de provenance des ingrédients et le pays de transformation. Pour défendre le volontariat, ils rappellent que l’affichage de l’origine est une compétence européenne. Les tentatives pour indiquer le pays européen de provenance pour le lait et la viande ont d’ailleurs été retoquées par le passé par la Cour de justice de l’Union européenne. À l’inverse, UFC-Que choisir est favorable à une obligation de l’affichage du pays d’origine des ingrédients, en demandant à ce que le projet soit présenté à nouveau en prouvant le lien entre le pays de production et la qualité du produit.
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Concernant plus particulièrement le lait, la FNPL (éleveurs, FNSEA) veut voir adopter un logo volontaire indiquant « lait collecté et transformé en France » sur les produits laitiers, comme cela existe pour le lait liquide (« lait collecté et conditionné en France »). Elle privilégie aujourd’hui la négociation au sein du Cniel (interprofession), où le collège des transformateurs s’y oppose alors que les coopératives et les distributeurs y seraient favorables. Selon lui, une démarche interprofessionnelle aurait bien plus de poids. Un tel logo permettrait aussi d’aboutir à une situation identique à celle du lait liquide, un rayon de la grande distribution où les laits étrangers ont quasiment disparu.
CB