Après une année 2020 marquée par la pandémie et l’influenza aviaire, la filière du foie gras entrevoit les prémices d’une « bonne saison 2021 » sur le marché intérieur. L’export vers les pays tiers devrait redémarrer plutôt en 2022.
France et Europe en 2021, export vers les pays tiers en 2022. Lors de son assemblée générale du 11 juin, le Cifog (interprofession du foie gras) a dessiné une reprise en deux temps pour la filière, après l’annus horribilis de 2020 marquée par la crise sanitaire et l’influenza aviaire. Après une bonne saison festive 2020 (1), « la dynamique [des ventes pour une consommation à domicile] se poursuit à Pâques », note Mathieu Sabatou le responsable marketing et export du Cifog, avec des ventes en hausse en 61 % en un an pour la période P3 (3e période de quatre semaines) et de 56 % en P4. « Il y a l’opportunité de faire une bonne saison 2021 » notamment en GMS (40 % de la production) et en circuits courts, explique-t-il. En restauration (40 % des volumes), les ventes 2021 seront toutefois « légèrement en deçà de l’historique de 2019 », prédit M. Sabatou. Invité à l’AG, l’économiste Nicolas Bouzou s’est montré « assez confiant sur le fait que l’économie peut rester dynamique à moyen terme ».
« La Hongrie a déjà rouvert »
En revanche, pour l’export, après une nouvelle progression de la balance commerciale en 2020 (à +40 M€), « ça va être compliqué en 2021 », estime-t-on au Cifog. L’interprofession envisage une réouverture des marchés des pays tiers plutôt en 2022, après que la perte du statut indemne d’influenza aviaire, en novembre, a fermé les portes de nombreux pays. C’est le cas pour la Chine, un marché prometteur ouvert en mars 2020… et refermé quelques mois plus tard. La filière du foie gras espère « négocier un accord de régionalisation pour l’influenza », avec Pékin qui permettrait aux zones indemnes de la maladie de continuer à exporter. D’autres pays en Asie sont « déjà régionalisés, mais pas encore rouverts », à l’instar de Singapour, Hong Kong, ou encore du Japon, l’un des principaux marchés en cru. Lors des précédents épisodes d’influenza, « les positions françaises ont été récupérées par nos concurrents hongrois, rappelle Mathieu Sabatou. Nous ne les avons jamais retrouvées depuis. » La directrice du Cifog, Marie-Pierre Pé, insiste sur la « mobilisation nécessaire » pour rouvrir ces marchés, précisant que « la Hongrie a déjà rouvert ».
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Qu’il s’agisse d’export, des grandes surfaces ou des restaurants, une revalorisation sera « indispensable » devant la hausse des coûts de production (+10 % en un an), des matières premières comme l’alimentation animale (+25 %) ou encore des emballages (+15 %).
(1) Agra Alimentation du 17 mars 2021