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Foie gras : les élevages du Sud-Ouest reprennent progressivement

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Après l’influenza aviaire qui a bloqué la production du Sud-Ouest depuis décembre et janvier, la filière du foie gras sort de sa convalescence et se remet en production, à commencer par les élevages. Toutefois la reprise complète de la production ne sera pas accomplie avant un mois, voire un mois et demi, a indiqué le comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), le 29 mai, jour J de la reprise des élevages.

Le ministère de l’Agriculture a annoncé le 29 mai que les canetons et oisons peuvent être remis en place à compter de cette date dans les départements du Sud-Ouest (Gers, Landes, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées), où un vide sanitaire était imposé depuis six semaines. Le comité interprofessionel des palmipèdes à foie gras (Cifog) a tenu ce même jour une conférence de presse à cette occasion.

Le vide sanitaire a concerné 52 % de la production

Le vide sanitaire a concerné 52 % de la production française de foie gras. Le dernier foyer d’influenza aviaire a été signalé le 28 mars. La quasi-totalité des zones de protection et de surveillance ont été levées, a indiqué le ministère. La dernière d'entre elles, localisée dans les Pyrénées-Atlantiques, devrait pouvoir être levée la première semaine de juin, et ne fait « pas obstacle aux remises en place de palmipèdes ». La reprise complète de la production de foie gras dans le Sud-Ouest, c’est-à-dire la remise en place de canetons ou oisons dans l’ensemble des élevages touchés par le vide sanitaire, devrait intervenir d’ici un mois à un mois et demi, c’est-à-dire fin juin ou à la mi-juillet, a estimé Marie-Pierre Pé, déléguée générale du Cifog. En aval, dans les usines de transformation, la production de foie gras ne devrait redémarrer qu’à partir de septembre.

Cette crise sanitaire a fait perdre 12 millions de canards à la production française, a précisé par ailleurs Christophe Barrailh, président du Cifog. Elle a coûté 350 millions d’euros pour les quelques départements concernés, notamment le plus important en termes de production, les Landes. La crise de 2017 est plus grave que celle de 2016, où l’influenza avait coûté 270 millions d’euros « seulement », parce qu’il n’était pas nécessaire d’abattre préventivement.

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Production française en repli de 20 % cette année

Au bout du compte, l’épidémie aviaire de cette année aura entamé 20 % de la production française. Mais « les consommateurs nous attendent, nous devons répondre à leur demande », a souligné Christophe Barrailh. L’offre rendue moins abondante entraînera vraisemblablement une hausse des prix et des exportations moindres vers le Japon, marché important, ainsi que vers Taïwan et la Thaïlande. D’autres pays producteurs que la France ont été plus durement frappés. La Hongrie et la Bulgarie, gros producteurs, mais à la fois plus petits et avec des bassins de production plus concentrés, donc aux risques moins répartis, ont vu leur production fondre de moitié, a précisé Jean-Jacques Caspari, directeur général de la marque béarnaise de foie gras Rougié.

Faut-il désormais s’attendre à ce que l’influenza aviaire se reproduise chaque année ? « Les experts ne nous cachent pas que le risque d’influenza n’est pas près de disparaître », a confié Marie-Pierre Pé. Mais normalement, toutes les mesures d’alerte, de confinement et de nettoyage perfectionné des élevages et des camions sont conçues pour éviter de telles épidémies, a assuré le Cifog.

« Les experts ne nous cachent pas que le risque d’influenza n’est pas près de disparaître »