En raison du manque de canetons dû à l’influenza aviaire, le marché du foie gras connaîtra « de fortes tensions sur l’offre » pour les fêtes de fin d’année 2023, prévoit le Cifog (interprofession) dans un communiqué le 22 mars. « Les élevages seront confrontés à une disponibilité [en canetons] en recul de 6 % pour assurer la saison festive 2023. » Une baisse moins prononcée que l’année dernière (-35 %). Selon le Cifog, la pénurie de jeunes animaux « est partie pour durer », car les Pays de la Loire envisagent pour l’hiver prochain un vide sanitaire synchronisé dans les communes les plus denses, à l’instar du Sud-Ouest cet hiver (Plan Adour). Produisant trois quarts des canetons et 20 % du foie gras français, les Pays de la Loire ont subi deux vagues d’influenza aviaire, au printemps 2022 puis à l’hiver 2022-2023 ; la production n’y reprend que très progressivement.
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Autre signal inquiétant pour la fin 2023 : les stocks chez les industriels sont actuellement « au plus bas ». Lors des fêtes 2022, la filière avait réussi à « contenir le recul des ventes » dans la grande distribution à 19,4 %, alors que la production s’effondrait de 30 %. D’après les calculs de l’interprofession, « il faudrait que la production en élevage remonte en 2023 de 20 à 25 % juste pour assurer la mise en marché équivalente à 2022 ». Le Cifog appelle les distributeurs à « tenir compte de ces tensions » sur le marché, tout en demandant le « soutien des pouvoirs publics », lesquels n’ont pas annoncé d’indemnisations pour l’aval et les couvoirs pour l’épisode 2022-2023. L’interprofession, qui a mis en place un fonds de solidarité pour les éleveurs des zones indemnes, rappelle que ceux-ci « ne bénéficient d’aucune aide alors qu’ils sont également [affectés] par la pénurie de canetons ».