L’assurance va-t-elle jouer un rôle majeur pour l’indemnisation des victimes professionnelles ? Le principal problème d’assurance concerne les sylviculteurs qui, dans les Landes en particulier, se sont très peu assurés. Seuls 10% de la surface de la forêt landaise faisaient l’objet d’une assurance, selon Jean-Luc Thibault, patron de la Misso, mutuelle d’assurance spécialisée, membre de Groupama et assureur quasi-exclusif de la forêt landaise. Les sylviculteurs, de plus, n’ont pas accès au Fonds national de garantie des calamités agricoles. Il leur reste donc à compter sur la solidarité nationale ou régionale qui a commencé à s’exprimer. La région Midi-Pyrénées a, par exemple, prévu 2 millions d’euros pour l’aide à la filière bois.
Pour les biens privés et les bâtiments agricoles, l’assurance tempête joue dès lors qu’il y a une clause tempête dans les contrats. Les assureurs se mobilisaient très rapidement sur ce front. Groupama et Pacifica déclaraient qu’ils supprimaient les franchises pour les bâtiments d’habitation et les véhicules personnels. Pacifica expliquait que pour les petits dommages le réglement du sinistre pouvait intervenir dès la déclaration de la victime. De plus, la garantie sur les destructions rendues nécessaires était déplafonnée.
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Par ailleurs, l’arrêté sur l’état de catastrophe naturelle dans le Sud-Ouest est paru dans le Journal officiel du 29 janvier. Il reconnaît cet état dans neuf départements : Aude, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales. S’il rassure les victimes de la tempête qui a sévi le 24 janvier dans le Sud-Ouest, il ne change pas fondamentalement leur droit à indemnisation, la garantie tempête étant contractuelle. Le régime de catastrophe naturelle n’apporte un complément que pour les « inondations et coulées de boue et chocs mécaniques liés à l’action des vagues ».
Enfin, l’assurance récolte n’aura qu’un rôle mineur à jouer, les grandes cultures n’étant pas, dans cette région de maïs, encore ensemencées. Ce qui donne des frissons aux assureurs et agriculteurs : et si la catastrophe était arrivée en plein été ?, interroge Patrick Duplan, DG de Pacifica. « Cela aurait été catastrophique pour les agriculteurs », répond-il. De même que pour les assureurs, sans doute. Seule une moitié environ des surfaces de grandes cultures est assurée actuellement. La situation eut été d’autant plus meurtrière que les grandes cultures n’auront bientôt plus accès au Fonds national de garantie des calamités agricoles.