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Forêts françaises : le scénario de WWF à 2100

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Pour inciter à repenser les politiques forestières, l’ONG WWF a publié une étude prospective qui imagine les conséquences de trois scénarios : la continuité, la rationalisation économique et la planification territoriale durable.

Dans son étude « Enchantées ou désenchantées : quelles forêts françaises en 2100 ? », publiée en mars, le WWF développe trois scénarios : la continuité au regard des politiques actuelles, la rentabilité « à court terme », et une planification territoriale « misant sur une gestion concertée et durable ». Conclusion : seul le troisième pourrait « enrayer la dégradation des forêts et préserver leurs services écosystémiques ». Le deuxième est « contre-productif » et le premier « n’est pas désirable ».

Les scénarios sont déclinés sur plusieurs enjeux : volume de bois sur pied, gestion forestière, usage du bois, filière bois, concertation et lien forêt-société. Pour le bois sur pied, le scénario 1 montre un « dépérissement fort et généralisé », un ralentissement de « l’accroissement biologique » et une diminution du volume à l’hectare ; la surface « baisse en raison de l’abandon des forêts non productives ». Scénario 2 : la « tendance du scénario 1 sur la surface forestière [est] amplifiée, certaines forêts non productives sont même volontairement rasées pour se prémunir contre le risque d’incendie ».

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Vers des forêts « plus adaptées au climat futur »

Dans le scénario 3, le seul souhaitable selon le WWF, la surface « augmente légèrement, car la baisse de la consommation de viande et de la production d’agrocarburants de première génération réduit la pression sur les terres agricoles » ; « les efforts d’adaptation n’évitent globalement pas une évolution vers des forêts moins denses et plus adaptées au climat futur ». Sur la gestion forestière, le scénario 2 montre une « forte spécialisation forestière », avec des monocultures (dont eucalyptus) qui se développent « fortement » ; on rase « une partie des forêts non productives » mais « la plupart des réserves biologiques existantes sont conservées ». On assiste à un « regroupement fort de la gestion des forêts productives, y compris via la privatisation de forêts publiques ».

Dans le scénario 3, la « multifonctionnalité de la forêt » est renforcée, la diversification est utilisée comme stratégie d’adaptation ; « la surface en conservation augmente fortement ». S’ajoute une hausse de « la part des forêts publiques ou gérées par des communes forestières », les propriétaires sont « responsabilisés pour adapter les forêts au changement climatique ». Dans le scénario 1 (continuité), la « spécialisation forestière progresse », avec une « intensification de la gestion des forêts productives » tandis qu’ « à l’inverse, la part des forêts peu ou pas productives augmente, ce qui favorise l’augmentation de la surface en conservation en lien avec la réglementation européenne ».

Un seul scénario peut « enrayer la dégradation des forêts »