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Forêts : la Cour des comptes pointe la « fragilité » des finances de l’ONF

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Le principe historique selon lequel « le bois paie la forêt » a sans doute vécu : l’Office national des forêts (ONF) est confronté à une « soutenabilité financière fragile » face notamment aux conséquences du changement climat, met en garde la Cour des comptes dans un rapport publié le 19 septembre. En 2023, l’ONF a dégagé un bénéfice de 53 M€ pour un budget de plus de 900 M€ et reste marqué par un endettement « élevé » bien qu’en baisse. Cette amélioration « tient en grande partie à la flambée du cours du bois » provenant des ventes réalisées à partir des coupes réalisées dans les forêts domaniales (40 % du chiffre d’affaires), selon Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes.

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Mais « avec son schéma de financement, l’ONF ne sera pas en mesure de répondre au renouvellement des forêts publiques à l’horizon 2050 sans une aide pérenne de l’État ou d’autres financements encore à trouver », prévient la Cour. Le changement climatique provoque le dépérissement d’une partie de la forêt, qu’il faut reconstituer. Les surfaces concernées devraient couvrir 21 000 ha/an d’ici 2050 (contre 12 000 ha/an aujourd’hui), avec un coût de 120 M€ pour les seules forêts de l’État et 120 M€ pour les autres forêts publiques (contre 44 M€ aujourd’hui). Or, les effectifs de l’ONF, longtemps en baisse, « apparaissent désormais insuffisants pour répondre aux missions croissantes qui lui sont assignées ». C’est pourquoi la Cour suggère de mieux estimer les coûts de ces missions. De même, elle recommande de définir des « objectifs hiérarchisés et de préciser les moyens associés » dans le prochain contrat pluriannuel avec l’État.

L’ONF reste marqué par un endettement « élevé »