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Consommation Forte demande pour la création d’AMAP (agriculture paysanne)

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Nées en 2001, les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), qui mettent en relation consommateurs et agriculteurs de proximité, certifiés AB pour la plupart, à qui ils préachètent leur récolte, se sont multipliées pour atteindre environ 300 aujourd’hui dans l’Hexagone.

La première Amap a été créée en 2001 dans le Var par deux maraîchers, Denise et Daniel Vuillon, sur le modèle des Community Supported Agriculture (CSA), qu’ils avaient découvert aux Etats-Unis au cours d’un voyage.

« Nous avons tout essayé : la coopérative, le supermarché, la vente directe. Le jour où la grande surface d’à côté a préféré acheter en plein été des tomates de Belgique plutôt que les nôtres, nous nous sommes dit “on marche sur la tête” et nous avons décidé d’essayer autre chose », raconte Denise Vuillon.

Principe de base de l’Amap : le préachat par un groupe de consommateurs de la récolte d’un ou plusieurs producteurs. Comme en vente directe, le concept court-circuite les intermédiaires et assure au paysan un revenu minimum décent tout en tenant compte de ses charges.

« Seule solution viable pour les fruits et légumes »

« Les Amap, c’est quasiment la seule solution viable pour quelqu’un qui produit des fruits et des légumes en Ile-de-France », explique Xavier Dandoit, agriculteur à Provins (Seine-et-Marne), en « contrat » avec l’Amap du XIIe arrondissement de Paris, qui consacre trois hectares de son exploitation au maraîchage, et le reste, une trentaine d’ha, à la production de céréales.

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« Il n’y a pas de débouché à Rungis pour des fruits et légumes de plein champ, et les chaînes bio pressurent les prix et se fournissent de plus en plus à l’étranger », explique-t-il. Sans l’Amap, Xavier Dandoit n’aurait pas pu conserver son exploitation maraîchère, « trop petite pour être rentable ».

Depuis 2001, le concept a essaimé, de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur où on en compte une centaine, à l’Ile-de-France où 25 sont en fonctionnement et 25 en projet, en passant par Midi-Pyrénées où une soixantaine d’Amap ont vu le jour, dont les premières Amap « viande ».

En Ile-de-France, région surtout céréalière, les consommateurs poussent à la création d’Amap, mais peinent à trouver des fournisseurs. Selon la Fédération nationale de l’agriculture biologique, une quinzaine d’Amap pourraient être créées sur cette seule région pour satisfaire la demande. La solution est de réimplanter des producteurs mais l’accès au foncier est un frein important. Pourtant, l’Amap du plateau de Saclay à Verrières-le-Buisson (Essonne) s’apprête à le faire. Le département a accepté de confier à l’association quelques hectares lui appartenant à condition qu’elle y installe un maraîcher.