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Céréales FranceAgriMer anticipe des tensions sur les marchés du blé et du maïs

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Les marchés mondiaux du maïs et du blé pourraient connaître une forte flambée dans les mois qui viennent, a prévenu FranceAgriMer lors de la réunion du conseil spécialisé céréales le 10 novembre. La France continue d’exporter du blé en masse mais la force de l’euro par rapport au dollar pénalise peu à peu les opérateurs français.

«L’USDA persiste et signe avec une nouvelle estimation à la hausse de la récolte chinoise », a estimé Michel Ferret, chef du service marchés et études filières de FranceAgriMer à l’occasion de la réunion du Conseil spécialisé « céréales », mercredi 10 novembre. Dans son dernier rapport, le département américain de l’Agriculture a relevé à 1668 Mt son estimation de la production chinoise de maïs. Mais selon Michel Ferret, il y a des voix discordantes en Chine qui parlent d’une récolte à 155 Mt. « Si cela se confirme, il risque d’y avoir un accroissement très important des tensions sur le marché », indique-t-il.
Le bilan de campagne du blé est un peu plus détendu. Mais un certain nombre de signes annoncent la possibilité d’une envolée des prix : les stocks sont bas, d’importants producteurs ont des difficultés (l’Australie confrontée à de mauvaises conditions climatiques, les Etats-Unis et la Russie qui rencontrent des problèmes de semis) et l’Allemagne qui vient d’annoncer qu’elle passerait à 10% d’incorporation d’éthanol dans son essence à partir du 1er janvier 2011. Pour Rémi Haquin, président du Conseil spécialisé, « en fin d’hiver, les estimations de récoltes qui seront connues joueront un rôle très important sur la flambée ou non des cours ».

Livraisons records
En attendant, la France réalise des livraisons records vers les pays tiers. Notamment en Egypte. Au 2 novembre, les affaires conclues avec le Gasc égyptien (General Authority for Supply Commodities) atteignaient 1,68 Mt. Soit une hausse de 50% par rapport à l’an dernier. Plus de la moitié des achats du Gasc viennent de France. Principale raison : l’embargo russe sur les exportations de céréales. Mais la faiblesse du dollar par rapport à l’euro et la baisse des taux de fret qui se poursuit rendent les blés français de moins en moins compétitifs. « En Egypte, nous sommes tombés à 9 $/t de différentiel en notre faveur par rapport aux blés venant d’Amérique du Nord. C’est peu, habituellement nous avons un avantage d’environ 30 $ la tonne », note Michel Ferret. La situation reste favorable. Et la collecte a été révisée à la hausse à près de 32,1Mt (+150 000 t par rapport au mois de septembre). « Le taux de collecte est élevé. Contrairement à ce qui s’était passé lors de la précédente envolée des prix, il n’y a pas d’attentisme de la part des opérateurs et ni de rétention chez les agriculteurs. Le marché est fluide », souligne Christian Vannier, directeur animation des filières de FranceAgriMer.

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