Le Premier ministre François Fillon a effectué le 13 septembre dans les Yvelines une visite à l’Inra et dans un centre de recherches de Véolia, pour « faire du développement durable une opportunité », et ainsi orienter le Grenelle de l’environnement dans le sens de la « croissance verte ».
«J’ai choisi de venir ici, sur ce site de l’Inra /Agro-Paritech, parce qu’il est au carrefour des grandes questions de notre temps », a déclaré le Premier ministre à Marion Guillou, p. -d. g. de l’Inra. Faire du développement durable « est une chance et non une contrainte », et c’est « l’un des enjeux du Grenelle de l’environnement ».
« Une nouvelle économie »
Relevant que l’économie de l’environnement crée chaque année 10 000 emplois nouveaux, il a évoqué « une nouvelle économie » : les éco-technologies, le développement des usages non-alimentaires des productions agricoles et les services à l’environnement. L’agriculture doit « s’efforcer de réduire les intrants », de la même manière que l’industrie lourde « doit anticiper les nouvelles contraintes environnementales pour rester compétitive ». « La France doit s’engager à fond dans ce que je veux appeler la croissance verte », a-t-il poursuivi.
Pour cela, priorité à la recherche. « La nation entière doit mobiliser maintenant toutes ses forces de l’intelligence ». Il soutiendra « vigoureusement le métier de la recherche finalisée ». « J’irai partout où se joue la bataille de l’innovation », a-t-il conclu sur ce chapitre.
Enfin, interrogé sur l’éventualité d’un moratoire sur les OGM, il a répondu en trois points : rien ne pourra être décidé sans une nouvelle loi sur les OGM ; la France « ne doit pas s’isoler du reste du monde sur ces questions » ; quelle que soit la tournure du débat, le gouvernement « ne tolérera aucune violence physique ».
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De la lutte contre les champignons aux technologies du compost
François Fillon s’est d’abord rendu au centre de recherches de l’Inra de Grignon, pour se rendre compte des avancées des connaissances en cultures propres et dans le stockage du carbone dans le sol. Henriette Goyeau, ingénieur de recherche Inra en biologie, a expliqué, dans une serre où est cultivé du blé, les moyens de susciter chez la plante ses propres résistances contre les champignons. Les champignons contournent très vite les résistances qu’on leur oppose. Il faut donc adopter « des stratégies de lutte », le plus souvent réparties en actions multiples, plutôt qu’axées sur un seul front. Pour limiter l’usage des fongicides, il faut accepter de laisser la plante lutter elle-même contre certaines maladies, même si elle ne peut pas les éliminer toutes, a-t-elle expliqué.
Claire Chenu, professeur à l’Agro-Paritech, a fait part au Premier ministre des moyens de minimiser la contribution de l’agriculture à l’effet de serre. Des recherches visent à limiter l’effet de serre en piégeant le carbone dans les sols, ou à valoriser les déchets urbains en composts agricoles. Sabine Houot, directrice de recherche à l’Inra sur les grandes cultures, a indiqué que la tâche des chercheurs actuellement est d’évaluer les effets de la pollution des composts par les métaux.
Le tri des déchets
Le chef du gouvernement a ensuite visité une chaudière expérimentale à biomasse développée par Véolia, dans le centre de recherches de Véolia à Limay (Yvelines), où travaillent 180 chercheurs sur les presque 400 que compte le groupe dans le monde. Les chercheurs de Véolia travaillent au concept d’usine de traitement des déchets complètement automatisée. À partir de là, le tri automatique permettra de séparer massivement les matières organiques des métaux, du verre, du plastique, a expliqué Michel Dutang, directeur de la recherche chez Véolia. De là la production de compost, la combustion dans des chaudières où le recyclage. « Nous travaillons à la détection des produits intrus toxiques, comme une pile dans un chargement d’ordures ménagères, par rayons X », a-t-il précisé, ajoutant que l’Inra et le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) collaborent à la conception de ce prototype d’usines, « qui prévaudra dans le monde d’ici 20 ans ».