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Produits de la mer/Acquisition  Freshpack croque les crustacés Crustafrais

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Avec le rachat de la société dieppoise Crustafrais, Freshpack, déjà propriétaire d’une pêcherie à Madagascar, se dote d’une usine de cuisson de crevettes, un atout qui lui permet de contrôler toute la chaîne, de la pêche jusqu’au consommateur. La société de négoce, spécialisée dans les produits à valeur ajoutée, compte néanmoins conserver une approche artisanale, gage de qualité. Une stratégie, qui, combinée à une forte politique d’innovation, un développement de l’export, et un réseau de distribution qualitatif, offre à la société boulonnaise de belles perspectives. Son chiffre d’affaires devrait frôler les 50 millions d’euros en 2006, une progression de plus de 40 %.

Après 13 années d’activité sur les côtes de la Manche, Crustafrais est au bord du dépôt de bilan. Pour Freshpack, société de négoce en produits de la mer, le rachat de la société dieppoise – l’un de ses fournisseurs et clients –, est l’occasion d’aborder de nouvelles activités. En effet, Crustafrais, spécialisé dans la cuisson de crustacés et particulièrement de crevettes d’aquaculture d’origine tropicale, permet à la société boulonnaise, non seulement de sortir du tout congelé pour aller vers le frais, mais surtout de maîtriser intégralement la chaîne de production de la crevette, un gage de qualité renforcée.

La qualité avant tout

Au jeu des mariages, tout le monde est donc gagnant. Crustafrais, dont le chiffre d’affaires s’élevait en 2005 à 13 millions d’euros, devrait voir ses capacités de production passer rapidement de 1 600 à 3 000 tonnes et sa masse salariale s’est déjà enrichie de 10 personnes supplémentaires. Quant à Freshpack, cette opération renforce ses perspectives de croissance et lui permet de franchir un nouveau cap.

L’entreprise, créée en 1982, avait déjà racheté il y a 10 ans la pêcherie malgache Pêchexport, qui arme six bateaux congélateurs. Elle ajoutait donc des activités de pêche à celles de négoce de produits de la mer et négoce de produits asiatiques à valeur ajoutée (tapas, snacks…), soutenues par de nombreux partenariats sur tous les continents. Grâce à ce vaste réseau, « les globe-trotteurs d’océan » disposent d’une palette de produits de la mer variée, avec des produits phares tels que les noix de Saint Jacques, en provenance de Russie, du Groenland, d’Argentine ou du Canada, le kingcrab de Kamchatka sur la côte pacifique d’Alaska, dont la commercialisation vient de débuter sur le marché français, ou la chair de crabe pasteurisée, vendue sous la marque Crab’House. Avec le rachat de Crustafrais, la crevette, seul produit pêché directement par Freshpack, s’impose définitivement comme le cœur de métier de la société, même si son directeur général, Franck Paque, entend poursuivre la valorisation d’une large gamme de « produits exceptionnels » et se refuse à jouer sur les volumes : « Nous voulons conserver une approche artisanale, c’est notre manière de nous différencier. Nous produisons en 2 jours ce que les autres produisent peut-être en 2 heures, mais nous avons la qualité. Notre créneau, c’est de faire ce que les autres ne savent pas faire », explique-t-il.

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Une triple stratégie gagnante

Et cette stratégie semble porter ses fruits. L’entreprise, qui a remplacé 100 % de son personnel vieillissant il y a trois ans, connaît depuis une croissance continue. En 2006, croissances externe et interne devraient se combiner pour porter le chiffre d’affaires à 50 millions d’euros, contre 35 M EUR en 2005. La stratégie reste la même : réseaux de distribution qualitatifs, développement de l’export et nouveaux produits. Si les produits de Crustafrais sont vendus en grande distribution, ce canal devrait rester minoritaire, au profit de la RHF et des freezer-centers, où Freshpack commercialise la majorité de ses produits sous marque distributeur.

Deuxième axe de développement : l’export. La société de négoce réalise aujourd’hui 30% de son chiffre d’affaires à l ‘exportation, essentiellement dans l’Union européenne, mais cette part devrait rapidement s’accroître, bénéficiant en premier lieu de l’ouverture des marchés asiatiques. « Nous venons de vendre notre premier container à Taiwan,se réjouit Franck Paque, et nous comptons poursuivre ce mouvement, en Asie comme au Moyen-Orient, à Dubaï par exemple ». La politique d’innovation, enfin, est la marque de fabrique d’un groupe qui joue sur le haut de gamme. « Nous avons des partenaires très puissants, par exemple un groupe danois dont le chiffre d’affaires d’élève à 300 millions d’euros, ce qui nous permet d’avoir de bons produits en exclusivité », affirme le directeur général. Et avec ses recettes originales de plats cuisinés, l’entreprise espère valoriser des produits, dont le développement des fermes aquacoles dans le monde entier ne garantit pas forcément la qualité.