Ces derniers mois, plusieurs organismes de défense et de gestion (ODG) ont déposé des demandes de modification du cahier des charges de leurs appellations d’origine protégée (AOP) fromagères, en vue de s’adapter au changement climatique, une première pour ces produits. Le cas le plus emblématique est celui du Salers, dont la filière propose à l’Inao, dans le cadre d’une révision plus large, d’autoriser le recours aux foins, alors que cette appellation, exclusivement estivale, impose une ration de base à l’herbe pâturée uniquement. Également en Auvergne, les filières fourme d’Ambert et bleu d’Auvergne souhaiteraient renforcer la place de l’herbe, mais en assouplissant la notion d’autonomie fourragère pour s’adapter au climat ; une commission d’enquête a été saisie à l’Inao, qui pourrait conduire les ODG à modifier leur proposition finale. Toujours en Auvergne, le cantal serait notamment en réflexion autour de son alimentation.
Ces réflexions et ces demandes font écho à l’année 2022, qui avait vu un nombre record d’appellations fromagères demander des dérogations temporaires à leur cahier des charges face aux incidences de la sécheresse sur l’alimentation des troupeaux. Des réflexions similaires sont en cours partout en France, indique-t-on à l’Inao, comme en Normandie autour du neufchâtel, ou en Occitanie pour le pélardon. Les réflexions peuvent aller des espèces fourragères aux périodes de pâturage autorisées.
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L’élevage n’est pas seul concerné. Après plusieurs dérogations successives, le piment d’Espelette travaille aussi sur une adaptation permanente. Des expérimentations sont en cours pour encore un an ou deux. En vin, une « première demande » de révision du zonage d’un bassin liée au changement climatique a été examinée début septembre par l’Inao. Elle a été déposée par l’ODG de « l’AOP côte-roannaise.