Face aux nombreux changements qui vont être opérés au cours des prochaines années dans le secteur laitier, le Cnaol (Conseil national français des appellations d’origine laitières) et l’Afidop (Association des appellations fromagères italiennes) ont présenté une motion demandant aux autorités de l’UE l’adaptation des règles européennes de la concurrence de façon à permettre la gestion collective des volumes au travers de nouveaux instruments de régulation des marchés.
Anticiper la production, l’organiser et la réguler de façon collective sont les conditions pour faire perdurer la qualité et la spécificité des produits AOC/AOP mais aussi un gage du maintien d’activités économiques dans des régions difficiles, indiquent ces deux organisations. Lors de l’assemblée générale du Cnaol, le 19 octobre, le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, a estimé nécessaire de trouver les moyens de pérenniser les relations entre les producteurs de lait et les laiteries à une échelle géographique pertinente. M. Barnier s’est engagé, dans ce cadre, à rechercher des solutions adaptées permettant la gestion collective des volumes, laquelle se heurte au droit de la concurrence européenne.
Améliorer le réglement communautaire existant
Le Cnaol demande que certaines adaptations soient apportées au réglement européen d’avril 2006 qui permet aux indications géographiques du monde entier de se faire enregistrer en AOP (appellation d’origine protégée) ou en IGP (indication géographique protégée) sur le territoire européen. Mais le Cnaol demande que le nom d’une appellation ne soit pas utilisé de façon abusive dans les plats cuisinés. « Dénommer une pizza “pizza au beaufort” alors qu’elle contient moins de 1% de beaufort est à proprement parler une tromperie du consommateur et n’est pas acceptable », souligne cette organisation.
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Par ailleurs, alors que l’apposition des logos AOP et et IGP sera obligatoire à compter de mai 2009, le CNAOL, en lien avec ses homologues de l’Union, considére que la Commission européenne doit aller plus loin en permettant aux différents signes de qualité européens d’exprimer leur différence, notamment que ces logos aient au minimum des couleurs différentes. Le Cnaol rappelle que la démarche AOP exige que toutes les opérations de la production à l’affinage soient effectuées dans une zone définie, ce qui n’est pas le cas pour les IGP dont seulement la production de matière première ou la transformation doivent être effectuées dans une zone déterminée. Les consommateurs doivent ainsi pouvoir reconnaître l’AOP sans se tromper, ou sans être induits en erreur par des logos trop proches les uns des autres.
Quant aux STG (spécialités traditionnelles garanties), elles protègent une recette qui peut être réalisée partout en Europe. Le concept de STG n’étant pas inscrit dans les accords internationaux ADPIC (droits de propriété intellectuelle liés au commerce) le Cnaol estime, en conséquence, indispensable que le logo se rapportant à ces spécialités traditionnelles soit totalement différent des logos AOP et IGP.