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Fruits d'été : une production en retrait mais une campagne prometteuse

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Selon les informations échangées au salon Medfel de Perpignan, la saison s’annonce correcte pour les fruits d’été. L’absence de données concernant la production de pêches nectarines en Italie et Espagne conduit cependant les opérateurs à être prudents.

Selon les prévisions de récolte dévoilées lors du salon des fruits et légumes de Perpignan (Medfel), les productions françaises de fruits de l’été devraient vivre une bonne campagne. C’est ce que l’on peut attendre de l’abricot puisque la production européenne est donnée en baisse (443 000 tonnes) de 11 % sur 2015 et même de 16 % sur la moyenne des cinq dernières années. Selon les données fournies par les producteurs eux-mêmes, la France pourrait en récolter autour de 115 000 tonnes soit un net recul par rapport à 2015 (156 600 tonnes) et sur les cinq dernières années. La raison : le printemps froid, des épisodes de grêle et l’abandon de certaines surfaces de culture dans les trois régions de forte production (Languedoc-Roussillon, vallée du Rhône, Provence). « Nous aurons sans doute autant de fruits sur les arbres mais ils seront sans doute plus petits. Et il faudra aussi mettre sur le marché des produits tâchés ou cabossés pour répondre à la demande en premier prix. Le consommateur va s’y retrouver », explique Sabine Alary-Clariana, vice-présidente de la filière. Elle espère une campagne correcte avec un bon étalement dans le temps des productions françaises et espagnoles concurrentes sur le marché européen. « Ce ne sera sans doute pas le cas dans les années suivantes puisque les Français ont planté des variétés de plus en plus précoces », poursuit-elle. La chute de production continentale est essentiellement due au recul de l’Italie qui prévoit une cueillette de 163 000 tonnes (200 000 tonnes en 2015) en raison d’un printemps gélif et humide. Mais cette contre-performance modifiera peu la donne internationale puisque les Italiens alimentent d’abord le marché national. Ils exportaient jusque-là seulement 25 000 tonnes en moyenne. La production espagnole reste stationnaire (110 000 tonnes) mais avec une montée en puissance sur ces cinq dernières années alors que la Grèce doit presque retrouver son niveau habituel de production (54 800 tonnes) après une très faible cueillette 2015 (31 000 tonnes).

Les pêches dans le flou

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La campagne européenne de pêche et de nectarine reste à ce jour dans le flou puisque les professionnels d’Espagne et d’Italie ont catégoriquement refusé de communiquer leurs prévisions. Sans doute pour se donner le temps de mettre au point leur stratégie 2016 après une campagne 2015 désastreuse. Ces deux grands pays producteurs européens de la pêche ont représenté, en 2015, 1 324 000 tonnes pour l’Italie et 1 120 000 tonnes pour l’Espagne). La production espagnole, surtout catalane, a été affectée par l’embargo russe.

« C’est la première fois que la campagne va démarrer sans que l’on ait les repères des prévisions par pays qui permettaient aux professionnels de se caler », regrette Eric Hostalnou, responsable fruits et légumes à la Chambre d’agriculture de Perpignan et économiste de la filière. « On va donc avancer à vue avec tout de même le sentiment que la récolte européenne sera en baisse entre 5 et 10 %, voire entre 10 et 15 %. Les surfaces ont été réduites en France, en Italie et en Grèce. En France on s’attend à une chute de la cueillette entre 5 et 15 % ». Tous les opérateurs seraient prêts à signer une campagne identique à celle de 2015, décrite comme harmonieuse, dynamisée par la canicule de plein été (190 000 tonnes vendues en 2015). « Le temps chaud a poussé les gens à consommer des pêches qui elles-mêmes bénéficiaient du soleil pour offrir une grande qualité de mûrissement et de saveur », poursuit Eric Hostalnou en détaillant ce cycle vertueux qui encourage la consommation avec des fruits essentiellement destinés à répondre à la demande intérieure (85 %) et des exportations résiduelles de proximité ainsi qu'une bonne valorisation, en Belgique et en Suisse. « La distribution a joué le jeu en mettant en avant la qualité de la pêche française. Et pas seulement le prix », poursuit Eric Hostalnou. Dans un tel contexte, les producteurs nationaux de pêches et de nectarines ont pu écouler autour de 1,30 € le kilo alors que les Espagnols étaient à la peine avec des pêches à 70 centimes. On comprend mieux leur nervosité à quelques semaines du lancement d’une nouvelle campagne.